Le gouvernement monégasque dévoile ses projets d’union civile et de réforme du droit de la famille lors du débat sur les retraites

Le Gouvernement monégasque a annoncé son intention d’introduire l’union civile pour les couples de même sexe et de réformer le droit de la famille, ainsi que des propositions visant à renforcer la reconnaissance juridique des enfants issus de familles de même sexe, marquant l’une des annonces de politique sociale les plus significatives de la Principauté ces dernières années.

Ces mesures ont été dévoilées par le ministre d’État Christophe Mirmand lors d’un débat au Conseil national sur la législation visant à moderniser les pensions de survie dans le secteur public. Alors que le projet de loi lui-même supprime une différence de traitement de longue date entre les veuves et les veufs, Mirmand a profité de l’occasion pour présenter les réformes plus larges que le gouvernement a l’intention de présenter au Parlement d’ici la fin de 2026.

La législation proposée créerait une union civile exclusivement pour les couples de même sexe, offrant des droits et des obligations largement équivalents à ceux du mariage tout en conservant la définition juridique actuelle du mariage à Monaco comme une union entre un homme et une femme. Le Gouvernement envisage également de reconnaître légalement les mariages homosexuels célébrés à l’étranger en les transformant automatiquement en unions civiles en droit monégasque.

Parallèlement au nouveau statut juridique, les ministres examinent des changements visant à établir des droits parentaux plus clairs pour les enfants élevés par des couples de même sexe. Selon ces propositions, un parent non biologique pourrait acquérir la parentalité légale par le biais d’une reconnaissance volontaire ou, le cas échéant, par un système élargi d’adoption simple, que le couple soit marié, uni civilement, vive dans le cadre d’un accord de partenariat civil ou cohabite.

Mirmand a déclaré que les réformes étaient conçues pour refléter la vie familiale moderne tout en garantissant que Monaco respecte ses obligations internationales, notamment celles découlant du Conseil de l’Europe et de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme.

Ces annonces interviennent alors que le Conseil national examine le projet de loi n° 1.120, qui abolit la règle obligeant les veufs du secteur public à attendre jusqu’à 65 ans avant de percevoir une pension de survie, sauf s’ils ne sont pas en mesure de travailler pour cause de maladie ou d’invalidité. Les veuves perçoivent déjà la pension immédiatement après le décès de leur conjoint.

Le gouvernement a déclaré que cette distinction reflétait des hypothèses dépassées remontant au début des années 1980, lorsque les femmes étaient moins susceptibles de participer pleinement à la population active. Les ministres ont fait valoir que la loi ne reflétait plus les réalités sociales et économiques d’aujourd’hui, où les deux conjoints contribuent généralement au revenu du ménage.

Un projet de loi complémentaire couvrant les travailleurs du secteur privé a également été présenté par le ministre des Affaires sociales et de la Santé, Christophe Robino. Il a décrit la réforme comme une nouvelle étape vers l’égalité de traitement, affirmant que les règles précédentes étaient basées sur des modèles sociaux historiques qui ne correspondaient plus à la société contemporaine.

Les deux ministres ont salué la coopération entre le gouvernement et le Conseil national lors de l’élaboration de la législation, avec des amendements renforçant les dispositions transitoires pour les nouveaux bénéficiaires bénéficiant du soutien du gouvernement.

Au-delà de la réforme des retraites, Mirmand a reconnu que l’extension des droits à pension de survie aux couples pacsés nécessiterait des changements plus larges dans la législation sociale monégasque plutôt que des amendements limités à la loi sur les retraites. Il a déclaré que le gouvernement préparait donc un ensemble plus large de réformes couvrant l’égalité, le droit de la famille et les droits parentaux.

Le gouvernement a l’intention de présenter le projet de loi au Conseil national avant la fin de l’année.

Si elle est approuvée, la réforme des retraites éliminerait les différences de droits fondées sur le sexe, étendrait une protection égale aux conjoints survivants dans les secteurs public et privé et représenterait une nouvelle étape dans la modernisation en cours de la Principauté de son système de protection sociale.