Un chef italien jugé à Monaco pour une prétendue attaque au couteau dans un restaurant

Un chef italien accusé d’avoir commis une attaque au couteau dans un restaurant de Monaco-Ville il y a près de trois ans doit être jugé mardi devant le Tribunal correctionnel de Monaco, dans une affaire qui a choqué le secteur hôtelier de la Principauté.

Selon le rapport original de Monaco-MatinRocco Emilio Tramontana, 64 ans, fait face à des accusations de tentative de meurtre et de menaces de mort à la suite d’un incident survenu dans l’ancien restaurant L’Estragon le 8 août 2023. S’il est reconnu coupable, il encourt jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.

Les procureurs affirment que les violences ont éclaté peu après le début du service de midi lorsque Tramontana, qui travaillait comme chef dans l’établissement, a poignardé un porteur de cuisine sénégalais de 56 ans à l’abdomen lors d’une altercation. La victime a été grièvement blessée et a été transportée d’urgence au Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG), où les médecins craignaient dans un premier temps pour sa vie.

Les enquêteurs affirment que l’accusé a ensuite tenté de s’en prendre à un deuxième employé, un chef italo-colombien de 61 ans avec lequel il aurait eu une relation antérieure. Elle a réussi à s’enfuir de l’autre côté de la rue jusqu’au restaurant Pinocchio, où elle s’est réfugiée avant l’intervention de ses collègues.

Tramontana aurait été maîtrisée par le personnel du restaurant avant d’être arrêtée par un carabinier et un policier. Il a ensuite été placé en garde à vue et inculpé par un juge d’instruction. Alors que les procureurs ont initialement retenu une accusation aggravée liée à une ancienne relation domestique, cet élément a finalement été abandonné avant le procès.

Le concierge de cuisine blessé, guéri depuis, devrait se constituer partie civile lors de la procédure. Représenté par l’avocat niçois Armand Anave, il devrait décrire l’agression et chercher des réponses sur les causes de l’agression présumée.

On ne sait toujours pas si la deuxième victime présumée comparaîtra devant le tribunal. Elle n’est pas représentée par un avocat et son témoignage pourrait éclairer davantage la relation entre elle et l’accusé.

Au cours des quatre jours d’audience, les juges et les jurés devraient entendre une vingtaine de témoins, dont des enquêteurs de police, des médecins légistes et des experts psychiatres. D’anciens collègues et connaissances sont également attendus pour témoigner de l’environnement de travail au restaurant et de la personnalité des personnes impliquées.

Au cours de l’enquête judiciaire, Tramontana a reconnu avoir commis l’attaque mais aurait eu du mal à expliquer ses actes, affirmant qu’il avait subi une « panne de courant » au moment de l’incident.

Une question centrale pour le tribunal sera de savoir si les procureurs peuvent établir l’intention de tuer requise pour étayer les accusations de tentative de meurtre.

Le procès devrait se terminer le vendredi 3 juillet.