Monaco est l’un des seuls endroits au monde où le gouvernement annonce un ratio dette/PIB de 0,00 %, non seulement ces dernières années, mais également dans ses projections jusqu’en 2025…
En termes simples, cela signifie que Monaco n’a aucune dette nationale. Le gouvernement n’emprunte pas d’argent pour financer les services publics. Au lieu de cela, il génère constamment des excédents budgétaires, générant plus de revenus qu’il n’en dépense, année après année. Concrètement, Monaco paie toujours sa propre contribution.
Cela est possible car la Principauté possède un modèle économique unique. Bien qu’elle n’ait pas d’impôt sur le revenu, Monaco tire d’autres sources de revenus substantiels, notamment la TVA (20 %), qui génère des centaines de millions d’euros par an grâce au pouvoir d’achat des résidents et des visiteurs. Les secteurs à forte valeur ajoutée tels que la finance, les assurances, les services scientifiques et le tourisme de luxe y contribuent également de manière significative. Comme le montrent de nombreuses analyses économiques, les casinos ne représentent qu’une petite partie du budget de l’État, loin d’être le principal moteur des revenus de l’État. Combiné à une stabilité politique et à une planification budgétaire prudente à long terme, Monaco n’a tout simplement pas besoin d’émettre de la dette publique.
Pour comprendre à quel point cela est inhabituel, il est utile de comparer Monaco avec le reste du monde. Certains pays sont particulièrement endettés : le Soudan (344 %), le Japon (251 %) et le Liban (195 %) arrivent en tête du classement mondial. Les grandes économies fonctionnent également avec une dette importante : les États-Unis sont à 125 %, la France à 116 % et le Royaume-Uni à 95 %.
À l’échelle mondiale, le ratio moyen dette/PIB pour 2025 s’élève à 94,7 %. Les économies avancées ont tendance à avoir des taux plus élevés, avec une moyenne d’environ 110 %, tandis que les marchés émergents ont une moyenne de 74 %, même si la hausse des taux d’intérêt exerce une pression accrue sur leurs budgets. Les économistes considèrent le ratio dette/PIB comme un meilleur indicateur de la santé budgétaire que la dette totale : plus le ratio est élevé, plus il devient difficile pour un pays de rembourser ce qu’il doit.
Dans ce contexte, le 0,00 % de Monaco se révèle non seulement rare, mais presque inégalé.
Photo de Pedro Bariak