C’est de l’or, Votre Excellence : Troisième partie

Dans ce troisième volet (lire première et deuxième parties), Patrick Laure explore l’étrange nouveau monde dans lequel les États n’attendent plus la croissance économique pour créer de la monnaie, mais créent de la monnaie dans l’espoir de restaurer la croissance…

La réalité de l’argent comme force de pouvoir, de force et de liberté.

« Argent d’hélicoptère»

Dès 1969, Milton Friedman utilisait cette métaphore de l’hélicoptère monétaire. Cette métaphore explique que, d’une part, la presse de l’imprimeur tourne plus lentement que le rotor d’un hélicoptère et, d’autre part, la presse de l’imprimeur limite sa distribution à l’imprimerie, tandis que les pales de l’hélicoptère distribuent les billets émis dans toutes les directions à tous les pays et à leurs agents économiques.

En bref, la monnaie hélicoptère repose sur la création d’un lien direct entre les agents économiques et la banque centrale, dans la mesure où cette dernière rémunère les premiers de la monnaie nouvellement imprimée afin qu’ils puissent la consommer ou l’investir. La monnaie hélicoptère brise la séparation traditionnelle entre politique monétaire et politique budgétaire.

C’est avant tout un moyen de donner de l’argent aux consommateurs pour qu’ils puissent consommer, acheter des voitures, le dernier iPhone, car si cet argent n’est pas injecté dans l’économie, les constructeurs ne pourront plus vendre ce qu’ils produisent.

L’inflation des prix appartient en fait au passé, mais c’est un autre débat.

« Assouplissement quantitatif « 

La première guerre moderne que les États ont dû financer est la crise du Covid-19, ou les paradoxes économiques et financiers soulevés par la crise du Covid-19.

Alors qu’en février 2021 en France, le débat sur l’équilibre budgétaire faisait rage, dans le contexte de la revalorisation des retraites, 15 milliards d’euros étaient âprement débattus à l’Assemblée nationale, 15 milliards pour accorder 800 euros supplémentaires par an à chaque retraité, la crise du Covid-19 a mis fin au débat parlementaire.

Alors que le débat sur le financement des retraites est suspendu, 450 milliards d’euros seront plutôt débloqués pour soigner les malades, qui, sans aucun cynisme, sont principalement des personnes âgées et des retraités.

Ainsi, l’État français imprimera de la monnaie à un rythme 30 fois plus élevé pour sauver les gens ; des personnes pour lesquelles il ne souhaitait pas améliorer leurs conditions de vie à un coût 30 fois inférieur.

Au-delà de ce paradoxe initial, la question la plus fondamentale reste celle de la homo economique que nous sommes.

Nous sommes assignés à résidence et, pour la plupart, payés pour ne rien faire. Cela remet également en question le contrat social de Rousseau, car la fonction utile de l’homme dans la société est mise à mal.

Il suffit à l’État d’imprimer de l’argent pour faire fonctionner la machine et de la redémarrer à la première demande.

Les débats actuels en France, mais pas seulement là-bas, sur l’équilibre budgétaire, qui conduisent aujourd’hui à un déséquilibre politique, semblent finalement difficiles à comprendre pour l’homo Economicus.

Et même si, pour paraphraser Audiard, « quand on parle d’argent, au-delà d’un certain montant, tout le monde écoute », l’homo Economicus écoute, mais en réalité, on ne comprend plus rien.

Le solde budgétaire et 3% du PIB.

Alors que le ratio « Cook », qui s’élève à 8% des réserves de l’Etat et des banques, tend vers une création monétaire raisonnable à partir des actifs existants, les 3% du PIB à ne pas dépasser dans le cadre du déficit budgétaire en pourcentage du PIB reposent sur une logique différente.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, et sans aucun prosélytisme, le chiffre 3 a été décidé et adopté par François Mitterrand et Helmut Kohl en 1984, alors qu’il fallait fixer une limite dans le cadre de la politique monétaire de chaque État européen, sous le contrôle et la régulation de la BCE, 3 étant le numéro de la trilogie.

Cet autre raisonnement (contrairement au ratio Cook) repose sur la croissance économique « moyenne » d’un pays. Cette croissance moyenne permet aux pays qui dépensent plus que ce qu’ils gagnent de combler leurs déficits grâce à la croissance du PIB.

Le Covid-19 et d’autres circonstances font que nos pays connaissent actuellement des déficits budgétaires supérieurs à 5 % de leur PIB, conduisant à des débats parlementaires sur le budget annuel de l’État que personne ne comprend vraiment.

Ces divers malentendus font indirectement le jeu de la cryptomonnaie. Car inconsciemment, elle nourrit l’espoir d’une autre monnaie que celle de l’État.

Patrick LAURE
Secrétaire Particulier
06 35 45 27 02
laurepatrick@wanadoo.fr

** Les informations fournies dans cet article sont uniquement à des fins d’information générale et ne constituent pas des conseils juridiques. Il n’est pas destiné à créer une relation avocat-client. Les lois et réglementations varient selon les juridictions et peuvent changer au fil du temps. Les lecteurs devraient consulter un professionnel du droit qualifié pour obtenir des conseils spécifiques à leur situation. L’auteur et l’éditeur ne sont pas responsables des actions entreprises sur la base de ces informations.