Thierry Lacoste, ancien avocat et collaborateur de longue date de Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II, a déposé une plainte pénale en France contre l’ancien ministre d’État Pierre Dartout, dans le cadre de l’affaire de longue date de l’Esplanade des Pêcheurs, après qu’une plainte similaire ait été rejetée à Monaco. Lacoste fait valoir que la demande de Dartout visant à faire réviser la décision de la Cour suprême dans cette affaire repose sur des allégations de fraude infondées, qualifiant les allégations sous-jacentes de sans fondement.
La plainte a été révélée dans le cadre d’une conférence de presse plus large tenue mercredi 8 juillet et rapportée par Monaco-Matin, au cours de laquelle Lacoste est apparu publiquement aux côtés de Claude Palmero, ancien administrateur des biens de la famille princière, pour la première fois depuis l’émergence de l’affaire dite des « Dossiers du Rocher ». Les deux hommes se sont décrits comme la cible de ce qu’ils ont qualifié de vendetta judiciaire, Lacoste considérant son implication comme une question de devoir moral, arguant que l’affaire soulevait des questions plus larges sur la transparence institutionnelle et la responsabilité en Principauté.
Selon le Monaco-Matin rapport, les deux hommes ont pointé du doigt un petit groupe d’individus qu’ils tiennent pour responsables de leur exclusion du cercle restreint du Souverain en 2023, une référence qui semble inclure le promoteur immobilier Patrice Pastor, dont les propres plaintes juridiques, basées sur des courriels piratés attribués à Lacoste, ont d’abord soulevé des allégations contre un groupe dit « G4 » accusé d’exploiter des positions d’influence à Monaco.
Les propres problèmes juridiques de Palmero ont également été abordés. Son avocate, Marie-Alix Canu-Bernard, a suggéré qu’il pourrait bientôt faire face à une nouvelle série d’interrogatoires très médiatisés et à d’éventuelles accusations, une affirmation que Palmero a utilisée pour affirmer que le système judiciaire monégasque fonctionne de manière inégale, appelant en particulier les autorités françaises à assurer une transparence totale dans son cas.
Les avocats représentant le Prince Albert II ont rejeté cette thèse. Cyril Bonan a fait valoir qu’un tribunal refusant de se prononcer en faveur de Palmero ne constitue pas une preuve d’un manque d’indépendance judiciaire, affirmant que le Palais avait eu raison de prendre ses distances avec les individus qui, selon lui, avaient abusé de leur position de confiance.
Palmero a également profité de la conférence de presse pour confirmer son projet d’un deuxième livre, intitulé « Manifesto Monaco », suite à ce qu’il a décrit comme le succès de son premier livre, « Monaco Interdit », soulignant qu’il n’avait fait l’objet d’aucune plainte judiciaire depuis sa publication. Il a indiqué que le nouveau livre comprendrait une dizaine de propositions de réformes visant à améliorer la gouvernance en Principauté, son avocat Pierre-Olivier Sur citant spécifiquement l’article 88 de la Constitution, qui confère le pouvoir judiciaire au Souverain, comme point de départ.
Interrogé sur ses ambitions politiques, Palmero a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de rechercher un levier politique.