Une Russe emprisonnée pour avoir dirigé un réseau de transport de prostitution à Monaco

Une Russe de 73 ans a été condamnée par contumace par le Tribunal correctionnel de Monaco pour son rôle dans la facilitation de la prostitution en Principauté, à l’issue d’une enquête sur un réseau impliquant de jeunes escortes ukrainiennes, Rapports Monaco-Matin.

Le tribunal a prononcé une peine de trois ans de prison, 18 000 € d’amende et une interdiction d’entrée à Monaco pendant dix ans, concluant que la femme a joué un rôle central dans un système organisé qui a fonctionné tout au long du premier semestre 2022.

Selon la procédure, la police surveillait les déplacements répétés de la femme entre la France et Monaco, où elle transportait des jeunes femmes vers des hôtels et des discothèques de la Principauté. Les enquêteurs ont noté une tendance constante : les femmes étaient déposées à différents endroits, pour être récupérées plusieurs heures plus tard, jour et nuit, sur une période de plusieurs mois.

Alors que l’accusée affirmait qu’elle aidait simplement les femmes ukrainiennes déplacées par la guerre, insistant sur le fait qu’elle avait agi par solidarité et qu’elle n’avait aucune connaissance de leurs activités, le tribunal a trouvé son explication peu convaincante. Les escortes et les clients interrogés au cours de l’enquête ont confirmé qu’elle agissait comme une conductrice dévouée – en fait un service de transport privé pour les rendez-vous de prostitution.

Les preuves présentées au tribunal suggèrent que son implication allait bien au-delà de la conduite. Les procureurs ont fait valoir qu’elle avait agi comme intermédiaire, coordonnant la logistique, sélectionnant les femmes, fixant les prix et recevant les paiements, y compris de l’argent liquide et des produits de luxe tels que des sacs à main et des montres. Les dépenses en carburant auraient également été couvertes par les recettes.

Bien qu’elle ait initialement coopéré avec les autorités, la femme n’a par la suite pas répondu aux convocations de la police, ce qui a entraîné l’ouverture d’une information judiciaire officielle. Son absence continue a finalement conduit le tribunal à statuer sans sa présence.

Lors de l’audience, le procureur adjoint a qualifié la prévenue de maillon opérationnel clé du système, lui reprochant d’avoir permis l’exploitation de jeunes femmes vulnérables, certaines d’à peine la vingtaine, à des fins de prostitution à Monaco.

Après délibération, les juges ont émis un mandat d’arrêt en plus de la peine, soulignant la gravité de l’affaire et la position ferme de Monaco contre le proxénétisme organisé et l’exploitation humaine à l’intérieur de ses frontières.