Un monde plus fragmenté nous attend, dit le chef économiste de Coface

Le Monaco Economic Board, en partenariat avec Gramaglia Assurances et la Banque Populaire Méditerranée, a accueilli jeudi 8 février Jean-Christophe Caffet, Chef économiste de Coface, lors d’un petit-déjeuner conférence au cours duquel il a réalisé une présentation passionnante qui a permis aux entrepreneurs présents de découvrir tendances économiques futures.

En introduction de l’événement, Michel Dotta, président du MEB, a souligné que cette conférence, donnée par le chef économiste de Coface peu après la célèbre conférence Coface sur les risques pays qui se tient chaque année à Paris, en était désormais à sa 17ème édition, grâce à la fidélité des sponsors de l’événement, le Banque BP MED et groupe Gramaglia.

Devant plus de 80 entrepreneurs et responsables présents, Jean-Christophe Caffet a ensuite passé plus d’une heure à analyser la situation macroéconomique mondiale et à exposer ses différents scénarios pour 2024, ainsi que les tendances de fond pour les cinq à dix prochaines années.

Abordant d’abord l’année 2023, l’économiste en chef explique le ralentissement de l’inflation principalement par la baisse des prix des matières premières : le choc énergétique a été en partie absorbé, les récoltes agricoles ont été bonnes (à l’exception notable du riz) et la reprise de la Chine a été positive. été décevant. « Les banques centrales ne sont en aucun cas responsables de ce phénomène, contrairement à ce qu’on entend beaucoup (…) on leur donne beaucoup trop de pouvoir ! »

L’année s’est terminée avec une croissance mondiale de 2,6%, soit un demi-point de pourcentage de plus que prévu. Les causes? Essentiellement l’interventionnisme de l’État (mesures liées au Covid et boucliers anti-inflation) et la résilience apportée par l’excès d’épargne des ménages et la trésorerie des entreprises, « qui ont contribué à absorber le choc de la crise ukrainienne ».

Concernant le court terme, le titre de la présentation de M. Caffet, D’un risque à l’autre, est révélateur de la situation actuelle. « Nous sommes passés l’an dernier d’un risque essentiellement énergétique à un risque désormais essentiellement financier ». Il ajoute : « paradoxalement, c’est plus rassurant parce que c’est quelque chose qu’on connaît mieux ».

Malgré un resserrement des taux, il n’est pas prévu de revenir aux conditions d’avant la crise. « Nous sommes revenus aux taux d’avant-crise en 2008, mais avec des niveaux d’endettement public et privé qui ont considérablement augmenté ». En conséquence, les conditions de financement resteront compliquées pour de nombreuses entreprises, qui connaissent un nombre croissant d’insolvabilités.

D’ici 2024, la croissance mondiale devrait être de l’ordre de 2,2 %, tirée principalement par les pays émergents, l’Europe poursuivant son rythme « lent » et les États-Unis, qui avaient surperformé, devraient ralentir (de 2,4 % en 2023 à 1,2 % en 2023). 2024).

Malgré cela, Coface a relevé sa note de risque pays pour 12 pays, dont 6 en Europe. L’Italie, qui avait été dégradée en 2022, devrait être reclassée de « B » à « A3 » en juin. En termes de dégradations, seule la note d’Israël a été abaissée, pour des raisons évidentes. Dans son autre classement, qui porte sur les secteurs d’activité dans le monde, Coface a relevé la note de dix-sept secteurs et en a dégradé cinq, reflétant un optimisme prudent suite aux chocs des récentes crises.

Enfin, à plus long terme, Jean-Christophe Caffet considère la situation actuelle et future comme la fin d’un cycle de forte croissance et de faible inflation. Un certain nombre de défis majeurs nous attendent, à commencer par la transition énergétique « qui va coûter très cher dans un environnement de taux d’intérêt plus élevés ». Une autre tendance est la délocalisation des unités de production vers des pays « amis », dite « friendshoring », ou la duplication d’unités pour réduire les risques (politique Chine + 1, qui ajoute un autre pays à la Chine en cas de problème). Enfin, le vieillissement de la population, en particulier dans les pays développés, mettra à rude épreuve les finances.

En résumé, « nous allons passer d’un monde globalisé avec une croissance forte, une énergie bon marché et un argent facilement accessible à un monde plus volatil et fragmenté, avec une croissance qui, bien que plus faible, sera toujours présente ».

A la fin de sa présentation, Jean-Christophe Caffet a répondu aux questions des entrepreneurs présents, qui ont porté sur la situation de certains pays, notamment les prochaines destinations des futures missions commerciales du MEB : le Maroc, le Royaume-Uni et la Pologne, pays où les opportunités sont nombreuses. très présent.