Reprise du débat sur la loi sur la ceinture de sécurité à Monaco

Le débat sur l’opportunité pour Monaco de rendre obligatoire le port de la ceinture de sécurité a repris suite à l’adoption du nouveau projet de loi sur la sécurité routière en Principauté…

Contrairement à presque tous les autres pays, le port de la ceinture de sécurité reste facultatif à Monaco, même si la limite de vitesse sur son réseau compact de routes urbaines est de 50 km/h. Pour certains résidents, il s’agit d’une liberté limitée mais appréciée ; pour d’autres, il s’agit d’une « aberration » qui fait courir des risques inutiles aux conducteurs et aux passagers, selon l’Association monégasque de sécurité routière.

Lors de la séance du Conseil national de jeudi, quatre élus ont rompu les rangs avec la majorité pour plaider en faveur du port obligatoire de la ceinture de sécurité. S’exprimant « à titre personnel », Mathilde Leclerc a déclaré que « Monaco ne pourra pas éviter un futur débat sur ce sujet », ajoutant que les discussions sur la sécurité routière « ne peuvent être sélectives ». Nathalie Amoratti-Blanc a décrit les ceintures de sécurité comme « un système validé et prouvé efficace dans pratiquement tous les pays du monde ». Christine Pasquier-Ciulla a suggéré que le port de la ceinture de sécurité pourrait au moins devenir obligatoire le soir, lorsque les risques d’accidents liés à la consommation d’alcool sont plus élevés. La conseillère Jade Aureglia a ajouté que « même à 50 km/h, nous avons des routes qui encouragent la vitesse, et nous sommes connus comme un pays de hippodromes et de vitesse ».

Bien que la densité de population de Monaco et les faibles limitations de vitesse puissent sembler atténuer les risques, des recherches internationales suggèrent le contraire. Une nouvelle revue publiée dans Accident Analysis & Prevention (Hasan et al., 2025) a examiné 75 études réalisées entre 2001 et 2023 et a conclu que le port de la ceinture de sécurité réduit considérablement les blessures mortelles et graves, le respect étant influencé par les caractéristiques démographiques des conducteurs, la conception des routes et les politiques d’application. La recherche a mis en évidence que même des collisions à vitesse modeste peuvent entraîner de graves traumatismes lorsque les ceintures de sécurité ne sont pas bouclées.

L’étude a également révélé que les lois d’application primaire – celles qui permettent à la police d’arrêter les conducteurs sans ceinture – produisent les taux de conformité les plus élevés, tandis que les campagnes d’éducation et les technologies embarquées telles que les alarmes de rappel et les systèmes de verrouillage améliorent encore les comportements. Les pays qui combinent ces « 3 E » – ingénierie, éducation et application – obtiennent les meilleurs résultats.

Alors que la Principauté continue de revoir son cadre de sécurité routière, la pression pourrait s’accentuer pour mettre la réglementation monégasque en conformité avec les normes internationales.

(Source : Hasan et al., 2025, Analyse et prévention des accidents, DOI 10.1016/j.aap.2025.107968)

Photo de Rémy Lovesy