Quatre mois de prison pour insultes en ligne visant le prince Albert II

Un résident monégasque déjà bien connu de la justice a été condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir insulté publiquement Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II…

Comme le rapporte Nice-Matin, Didier Garofalo, 64 ans, a été jugé par contumace par le tribunal correctionnel de Monaco, mardi 11 novembre, après défaut de comparution et sans représentation légale. Garofalo, qui a déjà été condamné à sept reprises en Principauté pour des délits notamment d’insultes, de diffamation et de harcèlement d’agents publics, se trouverait en France et fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt international émis dans une affaire antérieure.

Les accusations concernaient une série de six vidéos publiées en 2020 sur une chaîne YouTube appelée « Jasper Mader », dans lesquelles Garofalo portait de graves accusations contre le Souverain. Selon le tribunal, il a faussement allégué que le prince Albert II avait détourné des fonds de la Croix-Rouge monégasque, interféré avec le système judiciaire et n’avait pas agi face à des actes répréhensibles financiers présumés à grande échelle. Ces vidéos ont incité les avocats du Souverain d’alors, Me Thierry Lacoste et Thomas Brezzo, à porter plainte pour injure publique contre le prince Albert II.

Un deuxième homme, Frédéric Chaumont, a été accusé de complicité pour apport d’assistance technique, mais les poursuites contre lui ont été abandonnées après son décès en mai 2025.

Le tribunal a confirmé que Garofalo ne pouvait pas être interrogé, les autorités françaises ayant précédemment refusé de donner suite à une demande de coopération judiciaire de Monaco. Le juge d’instruction français a en effet refusé de l’exécuter au motif que le délit d’insulte au chef de l’État n’est pas poursuivi en France, et que la poursuite d’un tel délit avait été jugée contraire à l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme – sur la liberté d’expression – par la Cour européenne des droits de l’homme. La demande d’extradition correspondait, pour quatre des infractions, à la poursuite d’actes restreignant la liberté d’expression, que la législation française soit ne criminalise pas, soit ne punit pas de peines pouvant justifier l’extradition.

Le procureur a qualifié le langage utilisé de « au-delà de l’acceptable » et le tribunal a finalement imposé quatre mois d’emprisonnement et a accordé au prince 1 € de dommages et intérêts symboliques.