De nouvelles informations sont apparues concernant l’affaire dite des « faux résidents belges », suite à la publication de l’intégralité du jugement du tribunal correctionnel de Monaco…
La décision de 200 pages, rapportée par Monaco Matin, apporte un éclairage supplémentaire sur ce que les juges ont qualifié de « système de corruption », impliquant l’acquisition illégale de titres de séjour pour 14 ressortissants belges liés à l’homme d’affaires Pierre Salik. Ces permis, ont découvert les enquêteurs, ont été obtenus uniquement pour les aider à échapper aux impôts en Belgique grâce à une résidence fabriquée en Principauté.
Au centre de l’affaire se trouve le commissaire divisionnaire Christian Carpinelli, ancien chef de la division de la police administrative, qui a été condamné à trois ans de prison et à 100 000 euros d’amende pour avoir orchestré le réseau. Le tribunal a conclu que Carpinelli avait reçu « des dizaines de milliers d’euros » en espèces et en cadeaux en échange de la facilitation du projet par l’intermédiaire de son agence, Immobilia 2000, qui a fourni de fausses adresses et a même manipulé l’utilisation des services publics pour créer l’apparence d’une véritable occupation. Si Carpinelli a choisi de ne pas faire appel, le parquet a jusqu’au 12 novembre pour décider s’il le fera.
Le tribunal a également condamné Jean-Louis Coletti à 18 mois de prison et à 100 000 € d’amende pour son rôle dans le blanchiment des fonds, tandis que plusieurs autres ont été condamnés à des peines avec sursis. Un policier, René Jaguenaud, a été acquitté après neuf ans de suspicion, rétablissant ainsi ce que son avocat a qualifié de « son honneur et son intégrité ».
L’affaire, révélée pour la première fois par l’ex-femme de Carpinelli, Bernadette Lacrampe, au milieu d’un divorce amer, a révélé un réseau complexe de corruption et de résidence falsifiée. Lacrampe elle-même a été condamnée à 12 mois de prison avec sursis pour avoir bénéficié de l’opération. Ce jugement donne aujourd’hui l’éclairage le plus clair à ce jour sur un scandale qui a ébranlé les milieux administratifs et policiers de Monaco et met fin, après près d’une décennie de procédure, à l’une des affaires de corruption les plus complexes de la Principauté.