Monaco face à la violence cachée à huis clos

La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes constitue un cruel rappel annuel d’une crise qui reste à la fois mondiale et terriblement proche de chez nous…

Événements mondiaux le 25ème Novembre a mis en lumière les derniers chiffres effrayants de l’ONU : une femme est tuée par un proche toutes les 10 minutes, ce qui représente 50 000 femmes et filles assassinées rien qu’en 2024. Même si Monaco est épargné par les chiffres ahurissants observés ailleurs, la sensibilisation reste essentielle.

Dans le cadre de la mobilisation de cette année, le Comité monégasque des droits des femmes a lancé une nouvelle campagne puissante mettant en lumière le contrôle coercitif, une forme de violence subtile mais destructrice où un agresseur isole, surveille et domine progressivement son partenaire. S’exprimant sur Monaco Info, Céline Cotalorda, Déléguée interministérielle aux Droits des femmes, a souligné que ces comportements sont souvent négligés car ils ne laissent pas de traces, mais ils peuvent être précurseurs de graves préjudices psychologiques et physiques.

La campagne 2025, intitulée « L’enfermer, ce n’est pas l’aimer », se concentre sur ce schéma insidieux à travers un film d’animation raconté du point de vue de l’auteur, un choix délibéré conçu pour révéler comment « l’amour » est transformé en arme de contrôle.

Monaco continue de collecter des données pour mieux comprendre l’ampleur du problème. Au 1er novembre, 45 cas de violences ont été enregistrés par la Sûreté publique, auxquels s’ajoutent 51 dossiers supplémentaires traités par l’association d’aide aux victimes AVIP.

Les autorités soulignent que l’étape la plus difficile reste de s’exprimer. Les victimes monégasques peuvent s’adresser à l’AVIP, à la Sécurité publique, au DAASO et au CHPG, qui disposent tous de professionnels formés et prêts à intervenir. Le message du jour est urgent et sans équivoque : la prise de conscience sauve des vies et le silence protège les agresseurs, pas les victimes.