Monaco à l’honneur à Strasbourg

La présidence monégasque du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a franchi lundi une étape importante avec l’intervention du Ministre d’Etat Christophe Mirmand devant l’Assemblée parlementaire à Strasbourg…

Cette apparition marque un moment historique pour la Principauté, qui a assumé la présidence semestrielle le 15 mai et est désormais chargée de guider les travaux des 46 Etats membres du Conseil de l’Europe. S’adressant à des parlementaires de toute l’Europe, Mirmand a exposé la vision de Monaco pour sa présidence et a réaffirmé l’engagement de la Principauté en faveur de la démocratie, des droits de l’homme et de l’État de droit.

Dans un large discours, Mirmand a décrit Monaco comme une nation bâtie sur le dialogue, l’ouverture et la coexistence, rappelant que près de 140 nationalités cohabitent au sein de la Principauté. Il a souligné que la contribution d’un pays au Conseil de l’Europe ne doit pas être mesurée par sa taille, sa population ou sa puissance économique, mais par son engagement en faveur de valeurs partagées et d’une action collective.

Le Ministre d’État a également souligné l’évolution institutionnelle de Monaco depuis son adhésion au Conseil de l’Europe en 2004. Il a souligné les réformes qui ont renforcé les pouvoirs du Conseil National, renforcé l’indépendance de la justice à travers le Conseil supérieur de la magistrature, élargi le rôle du Haut-Commissaire à la protection des droits et à la médiation et créé le Comité pour la promotion et la protection des droits des femmes. Il a également cité les travaux en cours dans des domaines tels que le droit de la famille, les droits sociaux, les mesures anti-corruption et un projet de loi visant à renforcer la protection des journalistes.

Abordant les affaires internationales, Mirmand a réaffirmé le soutien indéfectible de Monaco à l’Ukraine et a appelé à une paix juste, globale et durable fondée sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays. Il a également souligné la participation de Monaco aux initiatives internationales visant à garantir la responsabilité des violations du droit international, notamment le Registre des dommages causés à l’Ukraine et le futur Tribunal spécial sur le crime d’agression.

Le ministre d’État a averti que l’Europe était confrontée à une série de défis interconnectés, notamment la guerre, la désinformation, les cybermenaces, l’érosion démocratique et le déclin de la confiance dans les institutions. Il a fait valoir que ces questions ne peuvent être résolues que par la coopération et un engagement renouvelé en faveur du multilatéralisme.

Monaco a donc placé plusieurs priorités au cœur de sa présidence. Il s’agit notamment de faire progresser les droits des femmes et de lutter contre la violence à l’égard des femmes, de protéger les enfants et les jeunes contre la radicalisation et les méfaits en ligne, de promouvoir le sport comme véhicule d’inclusion et d’éducation, de renforcer le soutien à la Cour européenne des droits de l’homme et de renforcer la coopération internationale contre la criminalité organisée, le terrorisme, le blanchiment d’argent et la corruption.

Suite à son discours, Mirmand a participé à une séance ouverte de questions-réponses avec des parlementaires couvrant un large éventail de sujets liés à Monaco, à l’Europe et au rôle futur du Conseil de l’Europe.

Pour la Principauté, la présidence représente à la fois un honneur et une opportunité de démontrer que même l’un des plus petits États d’Europe peut jouer un rôle significatif pour relever certains des défis les plus urgents du continent, tout en restant fermement attaché aux valeurs qui guident le Conseil de l’Europe depuis plus de 75 ans.

Image : Stéphane Danna