Manipulation, argent et mysticisme alors que l’héritière de Monaco poursuit un médium en justice

Une riche héritière française liée à Monaco a engagé une procédure judiciaire contre un médium autoproclamé, l’accusant d’escroquerie, de tentative d’extorsion et de diffamation après ce qu’elle qualifie d’années de manipulation psychologique et financière…

L’affaire, actuellement portée devant les tribunaux pénaux en France, met en lumière le côté le plus sombre de la soi-disant orientation spirituelle lorsque se heurtent vulnérabilité, influence et grosses sommes d’argent.

Comme le rapporte Monaco Matin, la plaignante, une femme d’une trentaine d’années qui partage son temps entre Monaco, la Suisse et Los Angeles, dit avoir consulté régulièrement le médium entre 2018 et 2025. La médium aurait promis une protection contre le malheur et les forces négatives, tout en lançant des avertissements alarmants sur des dangers imminents que seules une intervention plus poussée, et un paiement, pourraient résoudre.

Selon l’avocat de la victime, les échanges suivaient un schéma bien établi : des messages anxiogènes suivis de messages rassurants, toujours liés à de nouvelles exigences financières. Il s’agissait apparemment de transferts d’argent répétés, d’achats de cryptomonnaies et de pressions pour acquérir plusieurs bitcoins, ainsi que de réclamations pour une part du produit de la vente d’une propriété monégasque évaluée à environ 11 millions d’euros.

L’équipe juridique de l’héritière affirme que la médium a exploité une période de profonde vulnérabilité personnelle marquée par le deuil, des problèmes de santé et une fragilité émotionnelle, isolant progressivement son client de sa famille et de ses amis. Les sommes impliquées sont estimées à plusieurs dizaines de milliers d’euros, les fonds étant apparemment acheminés via un compte bancaire suisse.

Au-delà du cas individuel, l’avocat prévient que de telles pratiques peuvent toucher toute personne en situation d’instabilité émotionnelle, quel que soit son patrimoine. Il sera désormais demandé au tribunal de déterminer si le discours spirituel a franchi la limite de la manipulation, de l’influence indue et de l’abus de confiance criminel.