Dans un entretien accordé à Monaco-Matin à l’occasion de la Fête Nationale de Monaco, le Prince Albert II a réaffirmé que la Principauté ne s’orientera pas vers une dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse, maintenant une position alignée sur l’Église catholique, religion d’État de Monaco.
Cette clarification fait suite à une initiative législative introduite en mars 2025, lorsque des membres du Conseil national ont présenté un projet de loi visant à autoriser l’avortement dans des conditions définies. Après une réunion au Palais Princier, le ministre d’Etat Christophe Mirmand a informé il y a deux semaines le président du Conseil Thomas Brezzo que le gouvernement ne poursuivrait pas le processus législatif.
Le Prince Albert II a détaillé cette décision dans son entretien, notant que le Ministre d’État annoncera néanmoins de nouvelles mesures de soutien visant à renforcer l’aide aux personnes concernées.
Abordant la question de savoir si Monaco est préparé à une telle réforme sociale, le Souverain a reconnu le poids émotionnel de la question et les expériences personnelles qu’elle peut susciter. Il a souligné que Monaco a déjà connu des évolutions significatives dans ce domaine, notamment à travers les mises à jour législatives de 2009 et 2019. A l’époque, a-t-il déclaré, le Gouvernement et le Conseil National étaient parvenus à ce qu’il considérait comme un cadre équilibré, respectueux des principes constitutionnels de Monaco, de son identité culturelle et des femmes concernées.
« Je crois que le système actuel reflète qui nous sommes, compte tenu du rôle de la religion catholique dans notre pays, tout en garantissant un soutien sûr et humain », a-t-il déclaré. Le Prince a ajouté qu’après une longue séance de travail au Palais, il avait demandé au gouvernement de notifier formellement au Conseil National que le projet de loi ne serait pas adopté. Le ministre d’État devrait exposer les mesures de soutien à venir lors de sa prochaine comparution en séance publique.