Le secteur de la construction monégasque entre dans une nette phase de décélération, marquant la fin d’un cycle animé depuis plus d’une décennie par des projets exceptionnels et de grande envergure…
Longtemps attendu par les professionnels et les pouvoirs publics, le ralentissement est aujourd’hui confirmé par les chiffres officiels, avec des effets tangibles sur le chiffre d’affaires, l’emploi et la dynamique économique globale de la Principauté.
Comme le rapporte Monaco Matin, le dernier bulletin trimestriel publié par l’IMSEE pour le troisième trimestre 2025 met en avant la construction comme le principal contributeur au ralentissement économique global. Le chiffre d’affaires du secteur a chuté de près de 400 millions d’euros sur un an, soit une baisse de près de 20 pour cent, ramenant les revenus à 1,6 milliard d’euros, le niveau le plus bas enregistré en quatre ans. Ce déclin fait suite à l’achèvement de développements historiques tels que Mareterra et Testimonio II, qui avaient auparavant soutenu des niveaux d’activité exceptionnellement élevés.
Cette contraction se ressent également sur le marché du travail. L’emploi dans la construction a chuté de 6,7 pour cent sur la période, contribuant à une baisse plus large de 2,5 pour cent des emplois dans le secteur privé à Monaco. Le nombre d’heures travaillées a également diminué, avec des chiffres cumulés désormais inférieurs à ceux de 2024.
Au-delà de la construction, le ralentissement se répercute sur l’ensemble de l’économie. Le chiffre d’affaires global hors activités financières a diminué d’un peu plus de 2 pour cent, également affecté par la performance plus faible du commerce de gros et des activités liées à l’immobilier.
Alors que la correction du secteur semble structurelle plutôt que cyclique, les représentants de l’industrie appellent à de nouveaux investissements publics pour stabiliser l’activité et offrir une visibilité à plus long terme aux entreprises et aux travailleurs opérant dans l’un des secteurs les plus stratégiques de Monaco.