Au nom de la loi : Quatrième partie

Dans la quatrième partie du dernier article de Patrick Laure, il revient sur les limites et les imperfections structurelles des listes réglementaires utilisées pour comparer les professions dites « thématiques » selon les différents pays…

La notion de sujets et la déclaration de soupçon

Ou le transfert du pouvoir souverain de l’État aux individus, de manière subtile et progressive, au fil du temps.

Le sujet

Ou encore l’inculcation dans l’esprit des citoyens d’un rôle à jouer, inspirée par la naissance d’un sentiment de culpabilité si le devoir civique n’est pas rempli.

1) La notion de sujet ou de sticker « bébé à bord ».

Sur les comportements induits ou inculqués dans l’esprit des citoyens.

L’autocollant « bébé à bord », ou la naissance inconsciente et culpabilisante du « sujet ».

Bien sûr, j’ai la mauvaise habitude de coincer les voitures qui me précèdent, sauf lorsque je vois l’autocollant « bébé à bord » à l’arrière d’une voiture ; auquel cas je freine pour ne pas perturber le sommeil du nouveau-né confortablement installé dans son siège auto, souvent à l’arrière, parfois devant, mais le siège auto est alors tourné vers l’arrière, donc attention à l’airbag.

Lorsque les enfants sont plus âgés, ils s’assoient devant, comme un parent.

S’il n’y a pas d’autocollant « bébé à bord » à l’arrière de la voiture qui me précède, rien ne m’arrête, car je suis censé percuter la voiture qui me précède si, par oubli ou par inadvertance, le propriétaire du véhicule n’a pas apposé son autocollant « bébé à bord ».

Mon instinct de survie serait-il annulé par un autocollant ? Et le vôtre ? Bien sûr que non, notre instinct de survie n’a pas besoin d’être dicté par un autocollant pour exister en nous.

Nous n’avons pas non plus besoin d’être qualifiés de « soumis » pour tenir bon ou freiner à temps.

Nos manques de vigilance ne sont en aucun cas le signe d’un manque de vigilance ; au contraire, ils constituent l’exception qui confirme la règle. Notre instinct de survie prévaut sur tout le reste ; notre imperfection nous rend simplement humains, vivants et ayant droit.

Alors quand je lis «Un bijou à Monaco pourrait être utilisé demain dans une transaction de drogue. Dans un tel cas, c’est le bijoutier qui sera sollicité. Mais si le bijoutier a respecté les règles, il sera protégé» (Monaco Hebdo n° 1398 du 6-11-2025), cela me laisse perplexe, voire abasourdi.

Mais protégé par qui ? Et surtout pourquoi ? Comment un bijoutier pourrait-il être impliqué dans une transaction de drogue ? Si le bijoutier n’a pas accepté plus de 1 000 € en espèces et que le reste de la facture totale est réglé par chèque ou virement bancaire, c’est la banque qui se charge d’effectuer la première vérification de l’origine des fonds si nécessaire (voir ci-dessous).

Il ne saurait en être autrement, compte tenu de la clarté des rôles attribués à tous les acteurs de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, mais surtout afin de respecter les règles et l’esprit des lois et normes régissant le contrôle des flux financiers.

2) Le concept de sujet-Assujetti, «Au nom de la loi», « Au nom de la loi, ou encore »Recherché, mort ou vif», Josh Randall (Steve McQueen).

Dans cette série, Josh Randall est un chasseur de primes. L’État, le shérif, lui a donné les pleins pouvoirs pour traquer les criminels, au même titre que les « sujets ».

Ce transfert de pouvoir souverain s’accompagne du versement d’une prime, et non de poursuites comme on le verra plus loin, car le sujet n’a pas respecté les règles.

Ce renversement complet des règles, ou plutôt ce mélange des genres, signifie que :

Les agents économiques ne savent plus quel est leur métier principal, et/ou ils oublient l’essentiel, ou au mieux, leur statut de sujets leur prend du temps, au pire, ils se sentent impliqués dans une lutte qui n’est pas la leur, dans tout devoir civique honorable.

En effet, les autorités ont déclaré que «à Monaco il y a des consommateurs mais il n’y a pas de points de deal« .

Bien sûr, c’est compréhensible et c’est très bien, mais où sont les points de négociation ? A Nice ?

Evidemment, ils sont à Marseille aussi, et partout ailleurs dans le monde d’ailleurs. Le trafic de drogue en chiffres, Rapport Sénat 2024 : « Le la valeur totale du trafic de drogue en France est estimée entre 3 et 6 milliards d’euros par an

Ainsi, tout le monde sait qu’au-delà d’être mis sur liste noire ou grise pour médiocrité, l’argent sale a un prix. Est-ce au sujet de le compter ? Sans compter qu’il y a quelque chose d’effrayant à pouvoir mettre un prix sur des « comportements répréhensibles ».

Et dans cette hypocrisie sociétale, notamment de la part de l’État, je ne peux m’empêcher de penser, pour paraphraser Marguerite Yourcenar, que dans une telle situation à notre époque moderne, « il n’y a rien de plus sale que l’argent propre ».

3) La définition des « Assujettis », sujet, et qui ils sont.

La définition métaphysique ou morale selon le Larousse : ‘Assujetti’ = Asservissement, Asservi ; Soumission, Soumise (à l’opposé de gratuit).

La définition physique ou technique d’un sujet : Personne soumise à un impôt ou à un prélèvement (sujet, assujetti, redevable) affiliée à la Sécurité Sociale ou à un organisme assimilé.

Ainsi, l’Assujetti-Sujet est soumis à un impôt, en l’occurrence un impôt moral ou civique. Une sorte de service d’intérêt général (TIG), résultant non d’une conviction, mais de leur statut au sein des rouages ​​de la machine économique moderne.

La définition selon la LBC/FT, pour simplifier, est que le sujet Assujetti est un acteur économique indépendant qui reçoit de l’argent. Ainsi, selon la définition du dictionnaire Petit Larousse, recevoir de l’argent, c’est être prisonnier.

4) Les imperfections de la liste et les limites des comparaisons entre pays membres.

Même si la comparaison n’est pas une raison, lorsqu’il s’agit de l’application des normes européennes, il est logique de comparer les Assujetti-sujets, selon qu’ils sont français, monégasques, ou de tout autre pays légitimement comparable.

Sujet à Monaco

Par métier :

Etablissements de crédit 29 – Sociétés de financement 4 – Sociétés de gestion 61 – Intermédiaires en assurance-vie 83 – Bureaux de change 3 – Prêteurs sur gages 1 Prestataires de services aux sociétés et fiducies (TCSP) 37 – Administrateurs de fiducie (trustees) 34 – Multi-Family Offices 22 – Casinos (SBM et SFE) 3 – Agents immobiliers 151 – Marchands immobiliers 305 – Conseillers juridiques 77 – Experts comptables et publics agréés comptables 47 – Bijoutiers/négociants en pierres précieuses, négociants en métaux, négociants en pierres précieuses 144 – Antiquaires et marchands d’art 40 – Concessionnaires automobiles 19 – Agents sportifs 62 Professionnels du yachting 172 – Professionnels des ventes aux enchères 26 – Entreposeurs (article 17, article 1 de la loi LAB/CFT) 3 Conseillers et intermédiaires en financement participatif 1 Fournisseurs de services d’actifs virtuels (y compris les offres de jetons) 2 – Avocats 32 – Notaires -3 – Huissiers de justice 3.

Un total de 1 364 entités réglementées

Par forme juridique

Sociétés à responsabilité limitée (SARL) 2 782 Sociétés en commandite (SCS) 75 Sociétés en nom collectif (SNC) 12 Sociétés anonymes monégasques (SAM) 1 207 Sociétés en commandite par actions (SCA) 2 Sociétés civiles (SCI et SCP) 15 764 Groupements d’intérêt économique (GIE) 5.

Cela donne un total de 19 847 entreprises.

Le fait que le nombre de personnes morales (1 364) soit 14 fois inférieur au nombre de personnes morales (19 847) est principalement dû aux SCI et SCP (15 764), qui ne sont « imposables » que dans la mesure où ces formes juridiques doivent déclarer leurs « bénéficiaires effectifs ». c’est-à-dire que Moneyval exige de la transparence concernant l’origine des détenteurs d’actifs ou des sommes en capital. Des capitaux qui peuvent bien entendu faire l’objet de flux.

Par exemple.

La France compte plus de 200 000 sujets, avec près de 165 171 déclarations de suspicion, contre 79 déclarations à Monaco. Les chiffres ne sont pas comparables, la nature des sujets non plus.

En France, les sociétés de domiciliation sont soumises à la loi, ce qui est normal, elles sont plus de 1 500, et le risque de fraude à la TVA est important (plusieurs sociétés, avec le même dirigeant mais dans des services différents, se refacturent mutuellement pour les mêmes factures). A Monaco, il n’existe que trois sociétés de domiciliation, le risque est nul, et un dirigeant malveillant se dévoilerait rien qu’en traversant la route.

Il est normal que les trois sociétés de domiciliation ne figurent pas sur la liste des personnes assujettti à Monaco.

Autre différence, en France, la fraude à la sécurité sociale est importante et les organisations sont donc soumises à un contrôle minutieux. A Monaco cependant, le CCAS ne figure pas sur la liste des organismes soumis à contrôle, mais la fraude au CCAS existe-t-elle à Monaco ? La question reste ouverte.

Patrick LAURE
Secrétaire Particulier
06 35 45 27 02
laurepatrick@wanadoo.fr

** Les informations fournies dans cet article sont uniquement à des fins d’information générale et ne constituent pas des conseils juridiques. Il n’est pas destiné à créer une relation avocat-client. Les lois et réglementations varient selon les juridictions et peuvent changer au fil du temps. Les lecteurs devraient consulter un professionnel du droit qualifié pour obtenir des conseils spécifiques à leur situation. L’auteur et l’éditeur ne sont pas responsables des actions entreprises sur la base de ces informations.