Monaco devrait sortir de la liste grise du GAFI aux côtés de la Côte d’Ivoire et de la Bulgarie

Selon Bloomberg, Monaco fait partie des pays sur le point de quitter la liste de surveillance de l’argent sale du Groupe d’action financière le mois prochain, ce qui marque un changement de fortune important pour une cité-État qui abrite la plus forte concentration de millionnaires et de milliardaires au monde.

La Bulgarie et la Côte d’Ivoire devraient également être retirées de la liste grise du GAFI, selon des personnes proches des délibérations qui se sont entretenues avec Bloomberg sous couvert d’anonymat, compte tenu du caractère privé des discussions. Le résultat officiel ne sera confirmé que le dernier jour de la prochaine session plénière du GAFI, qui se tiendra à Paris le 30 octobre, et aucune décision finale n’a encore été prise.

Monaco a été placé sur la liste grise en juin 2024, ce qui a suscité une surveillance internationale accrue sur les lacunes de ses efforts pour lutter contre les flux financiers illicites. Depuis, les responsables de l’organisme de surveillance basé à Paris ont reconnu des progrès significatifs, selon les sources de Bloomberg. Cette évaluation s’appuie sur un examen favorable datant de juin 2025, lorsque le GAFI et l’organe de suivi de MONEYVAL du Conseil de l’Europe ont reconnu que Monaco avait largement remédié aux lacunes initialement identifiées, avec environ 80 % des problèmes signalés par MONEYVAL résolus avant même cette date.

La sortie de la Principauté de la liste a impliqué un vaste programme de réformes législatives, réglementaires et opérationnelles, ainsi que des mesures d’application visibles. Plus tôt cette année, l’organisme de surveillance anti-blanchiment de Monaco a infligé une amende de 6 millions d’euros à UBS pour une série de manquements à la conformité, avec une amende distincte d’un million d’euros prononcée plus tard contre une autre banque opérant dans la Principauté, Havilland, rebaptisée depuis Moncrief Private Bank.

La radiation attendue de Monaco intervient à un moment particulièrement difficile pour la Principauté dans son ensemble, encore sous le choc de l’attentat à la bombe de fin juin visant un homme d’affaires d’origine ukrainienne sur le sol monégasque, un attentat qui a déclenché une chasse à l’homme internationale à grande échelle. La plénière d’octobre sera également la première organisée sous la présidence du responsable britannique Giles Thomson, qui a mis un accent particulier sur la lutte contre la fraude, y compris les soi-disant composés frauduleux, depuis qu’il a pris ses fonctions en juillet.

La sortie attendue de la Bulgarie suit une trajectoire similaire, ayant été inscrite sur la liste en octobre 2023 au milieu des négociations sur son adhésion à la zone euro, le Premier ministre bulgare Rumen Radev ayant rencontré les représentants du GAFI début septembre pour discuter des progrès du pays. La République démocratique du Congo, quant à elle, a été jugée séparément en juin comme ayant largement achevé son propre plan d’action, même si le GAFI a déclaré que le calendrier de toute évaluation sur place dépendrait de la possibilité d’une telle visite de se dérouler en toute sécurité compte tenu de la situation de santé publique du pays.

La suppression de la liste grise n’est pas automatique, même une fois qu’une juridiction a terminé son plan d’action. Le GAFI exige la confirmation que les réformes sont mises en œuvre de manière efficace, sont durables et continuent de bénéficier d’un soutien politique de haut niveau, généralement à la suite d’une évaluation sur place, avant qu’une décision finale ne soit prise en plénière.