Thierry Lacoste en garde à vue par la police de Monaco dans le cadre d’une enquête approfondie

Thierry Lacoste, avocat parisien et ancien ami proche et conseiller juridique de Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II, a été placé en garde à vue à Monaco dans le cadre d’une enquête portant sur des allégations de corruption et de trafic d’influence.

Lacoste s’est présenté mercredi 2 septembre à la police monégasque et est resté en garde à vue jeudi alors que les enquêteurs poursuivaient leurs interrogatoires. Sa détention a été signalée pour la première fois par Monaco-Matin et a ensuite été signalé par Le Figaroqui a déclaré que l’AFP avait confirmé cette évolution par des sources judiciaires. Le cabinet parisien de Lacoste a également confirmé qu’il était à Monaco pour répondre aux questions des enquêteurs.

Au centre de la dernière enquête se trouve une plainte du promoteur immobilier monégasque Patrice Pastor et, en particulier, l’affaire de longue date de l’Esplanade des Pêcheurs. Selon Le FigaroSelon le cabinet Lacoste, la police monégasque enquête sur une plainte de Pastor relative à des projets immobiliers en Principauté.

L’aménagement de l’Esplanade des Pêcheurs a fait l’objet d’un contentieux majeur après le retrait de l’État monégasque du projet du Port Hercule. La Cour de cassation de Monaco a ensuite ordonné à l’État d’indemniser le promoteur Caroli d’environ 136 millions d’euros, hors intérêts courus depuis 2018.

Comme le rapporte Monaco-Matinles enquêteurs examinent d’éventuels liens d’affaires entre Lacoste et Antonio Caroli, décédé l’année dernière. Les représentants de Lacoste affirment que l’avocat entend fournir à la police « toutes les informations et explications nécessaires », mais son cabinet a également lancé une contre-attaque énergique contre la procédure.

Dans un communiqué, le cabinet accuse Pastor de chercher à utiliser le système judiciaire monégasque à son propre bénéfice et qualifie la procédure d’« extraordinaire renversement des rôles ». Il affirmait que les personnes qui cherchaient auparavant à lutter contre la corruption étaient désormais elles-mêmes accusées de corruption ou de trafic d’influence dans le but de les faire taire.

Le cabinet est allé bien plus loin, alléguant « des pressions et des démarches de la part du Palais Princier » et remettant en cause l’indépendance et l’impartialité de la justice monégasque. Il a décrit le contexte de l’interrogatoire de Lacoste comme celui d’une « justice en république bananière » et a affirmé que la procédure visait, en partie, à renforcer la position de l’État dans son différend persistant sur l’indemnisation due à Caroli.

Le Figarocitant l’AFP, situe ce dernier développement dans les retombées judiciaires plus larges qui ont suivi la publication de l’enquête anonyme. Dossiers du Rocher en 2021. Le site Internet a publié des allégations concernant plusieurs personnalités alors proches du prince Albert II, dont Lacoste et l’ancien président de la Cour suprême Didier Linotte.

Selon Le FigaroLinotte a été mise en examen en juin 2025 pour prise illégale présumée d’intérêts en bande organisée et corruption passive. Il fut le premier des anciens membres du cercle princier nommés dans le Dossiers du Rocher l’affaire sera formellement mise en cause par la justice monégasque suite à la parution du site.

Un autre ancien haut responsable, Claude Palmero, a également fait l’objet de procédures distinctes. Le Figaro rapporte que l’ancien administrateur des biens de la Couronne a été mis en examen en janvier pour violation présumée du secret de l’enquête, après que des documents relatifs à une procédure à laquelle il n’était pas partie auraient été découverts lors d’une perquisition à son domicile. En mars, à la suite d’une plainte de la Famille Princière, il a également été mis en examen pour de prétendues violations du secret professionnel et de la vie privée liées à des articles publiés par Le Monde en 2024.

Pendant ce temps, les représentants de Lacoste ont déclaré Monaco-Matin que plusieurs plaintes qu’il a déposées à Monaco soit n’ont pas donné suite, soit ont été classées sans suite. Il aurait en conséquence saisi la justice française.

Pour l’instant, l’attention immédiate reste portée sur l’interpellation de Lacoste et le cas de l’Esplanade des Pêcheurs. Sa détention constitue une nouveauté significative dans une affaire complexe qui mêle depuis plusieurs années la justice monégasque, son secteur immobilier et d’anciens proches du Prince.

Image : Matthias Mullie