Les températures record de la mer modifient la vie sous la Méditerranée, les plongeurs et les scientifiques observant l’arrivée de nouvelles espèces et des changements qui pourraient avoir des conséquences sur des écosystèmes marins entiers…
Après 25 ans de plongée dans la région, Denis Chaboud, directeur technique de plongée et responsable de la sécurité du Centre d’Études et de Sports Sous-Marins de Monaco (CESMM), a été témoin de ces changements. Comme le rapporte Monaco Info, les températures exceptionnelles de cet été ont affecté la thermocline de la Méditerranée, la frontière entre les eaux de surface plus chaudes et les eaux plus froides en profondeur, avec des couches plus froides observées inhabituellement près de la surface.
Plus frappant encore, des espèces autrefois associées aux régions plus chaudes de la Méditerranée sont de plus en plus observées plus au nord, notamment le long des côtes françaises, monégasques et corses. Les poissons perroquets font partie des nouveaux arrivants qui soulèvent des questions sur la manière dont les écosystèmes établis s’adapteront.
D’autres espèces présentent des défis potentiellement plus importants. Le poisson-lion, entré en Méditerranée par le canal de Suez, est un prédateur vorace capable de se nourrir de poissons juvéniles, affectant potentiellement les populations avant qu’elles n’atteignent l’âge adulte. Le poisson-lapin peut brouter les habitats rocheux, éliminant les algues qui fournissent de la nourriture et un soutien à d’autres espèces marines.
Certaines organisations environnementales encouragent ainsi la consommation d’espèces envahissantes comme le poisson-lion afin de limiter leur impact.
À Monaco, les scientifiques continuent d’étudier de près l’évolution de la Méditerranée, cherchant à comprendre comment le réchauffement des eaux remodèle sa biodiversité et comment protéger au mieux un environnement marin de plus en plus vulnérable.
Image : Peter Kaltenborn