Alors que l’intelligence artificielle fait son entrée dans les salles de classe et que les écrans occupent une part de plus en plus grande de l’enfance, la question n’est plus de savoir si les enfants doivent découvrir le numérique, mais comment ils doivent l’utiliser…
Le professeur Grégoire Borst, directeur du Laboratoire de psychologie, développement et éducation de l’enfant du CNRS, affirme que la technologie peut soutenir l’apprentissage, mais que sa valeur dépend fortement du contexte.
Les livres traditionnels, par exemple, peuvent être plus efficaces pour mémoriser des informations, en partie parce que les pages physiques fournissent des points de référence spatiales. Les outils numériques, quant à eux, peuvent s’avérer utiles pour pratiquer les mathématiques ou l’orthographe et permettre aux enseignants d’adapter les exercices à chaque élève.
La technologie doit toutefois rester un outil plutôt qu’un substitut à l’enseignement.
Borst est particulièrement prudent envers les jeunes enfants. Un temps d’écran excessif peut réduire les interactions précieuses avec les parents, affectant potentiellement le développement du langage parlé. Il recommande d’éviter autant que possible les écrans avant trois ans, tandis que les enfants âgés de trois à six ans devraient découvrir des contenus soigneusement sélectionnés avec la participation des parents.
Les adultes doivent également examiner leurs propres habitudes : le temps passé à regarder un téléphone est du temps non consacré à interagir avec un enfant. La formation des enseignants est tout aussi importante si l’on veut que la technologie en classe apporte de véritables avantages pédagogiques.
Les enfants ont avant tout besoin d’être guidés plutôt que de se voir remettre simplement des appareils, et une vieille règle reste particulièrement précieuse : éteindre tous les écrans au moins une heure avant de se coucher.
Image : Emily Wade