Les grands requins blancs sont rares sur la Côte d’Azur, et quasiment absents des eaux monégasques, cependant, de temps en temps, quelqu’un prétend en avoir vu un…
Une forme sombre se déplaçant sous la surface. Une nageoire fendant l’eau. Quelque chose de gros qui navigue juste au large. Sur un littoral où la mer est une toile de fond quasi constante de la vie quotidienne, les histoires de requins ne manquent pas de circuler, et le grand blanc est forcément l’espèce qui vient le plus immédiatement à l’esprit.
Même si l’affirmation selon laquelle un grand blanc a été repéré doit être prise au sérieux, après tout, aucune frontière sous-marine n’empêche la visite, il est probable que l’animal repéré n’était pas un grand blanc. Il ne s’agit pas nécessairement d’un mensonge délibéré mais peut-être plus probablement d’une erreur d’identité.
Le crapet de mer (Mola Mola) est l’un des coupables évidents de cette confusion. Sa grande nageoire dorsale peut dépasser de la surface et constitue un sosie de l’aileron d’un requin. Les requins pèlerins peuvent également être confondus avec de grands blancs, bien qu’ils se nourrissent de plancton inoffensifs, tandis que les dauphins et autres animaux marins peuvent créer des aperçus tout aussi trompeurs à distance.
Ainsi, même si les plages de Monte-Carlo restent claires, de véritables et rares observations scientifiques se produisent à proximité dans les eaux plus larges de la Côte d’Azur et de la Méditerranée. En novembre 2024, Monaco Life rapportait l’observation exceptionnellement rare d’un grand requin blanc près des îles de Porquerolles dans le Parc National de Port-Cros. Le juvénile, estimé à environ quatre mètres de long, a été filmé par un marin puis identifié par des experts maritimes français. Le rapport note que seules une quarantaine d’observations ont été documentées dans le golfe du Lion depuis le XVIIe siècle.
Les documents historiques indiquent que les grands requins blancs étaient à nouveau nombreux et largement répartis en Méditerranée. La surpêche et la perte de proies font partie des facteurs associés à leur déclin. Les scientifiques ont accueilli cette découverte comme une preuve que les grands blancs restent en Méditerranée, bien que l’espèce soit en danger critique d’extinction dans les eaux européennes et que sa population ait considérablement diminué, ce qui suggère que les eaux autour de Monaco ne constituent en rien un habitat de grands blancs.
La Côte d’Azur est l’une des zones côtières les plus fréquentées de la Méditerranée, avec une navigation de plaisance intense, un trafic commercial et un développement côtier étendu. Le Port Hercule est un hub maritime fermé et grouillant, entouré des rues animées de la Principauté et rempli de navires une grande partie de l’année. Si les grands blancs étaient des visiteurs réguliers, alors les observations seraient sûrement plus fréquentes.
Pour les nageurs et les plaisanciers, il n’y a aucune raison de paniquer. L’écrasante majorité des nageoires observées le long de la Riviera appartiendront probablement à autre chose qu’un grand blanc.
En 2020, le Musée océanographique de Monaco a identifié un requin peau bleue nageant à Menton dans des eaux extrêmement peu profondes. C’était pendant le confinement dû au Covid, alors qu’il y avait exceptionnellement peu d’activité humaine le long de la côte.
Parce que les requins sont rares, spectaculaires et garantis d’attirer l’attention, les observations fabriquées autour de Monaco et de la Côte d’Azur constituent des appâts à clics particulièrement efficaces sur les réseaux sociaux, où les images et les affirmations sensationnelles peuvent rapidement générer des vues, des partages et des abonnés avant que quiconque ne s’arrête pour les vérifier.
Mais bien avant que les médias sociaux ne découvrent le pouvoir générateur de clics d’une observation de requin, Hollywood avait déjà appris que peu de créatures pouvaient capturer et terrifier l’imagination du public autant que le grand blanc.
Et peu de stars hollywoodiennes peuvent revendiquer un lien plus curieux avec les requins du grand écran et de la Côte d’Azur que Sir Michael Caine.
En 1988, Caine a joué aux côtés de Steve Martin dans Dirty Rotten Scoundrels, qui a été largement filmé le long de la Côte d’Azur, notamment autour d’Antibes, Beaulieu-sur-Mer, Cap-Ferrat et Nice. Le décor fictif du film, Beaumont-sur-Mer, a été créé à partir de plusieurs lieux azuréens.
Mais son lien le plus célèbre avec les requins ne s’approchait pas de Monaco.
En 1987, Caine est apparu dans Jaws : The Revenge, le quatrième film de la série Jaws. Son rôle était relativement petit, mais le film a produit l’une des anecdotes les plus marquantes de sa carrière.
Caine a raconté à plusieurs reprises comment il avait été généreusement payé pour le film et avait utilisé cet argent pour acheter une nouvelle maison. Dans une interview, il se souvient avoir reçu 1 million de dollars pour deux semaines de travail.
Lorsqu’un critique lui a dit qu’il avait vu Jaws: The Revenge et qu’il avait trouvé cela terrible, la réponse légendaire de Caine a été la suivante : ; alors que lui-même n’avait pas encore vu le film, il avait vu le manoir pour lequel il avait payé. Maintenant que est une observation vérifiée!
Références
- UICN, L’état de conservation des requins, raies et chimères en mer Méditerranée — évaluation régionale des requins méditerranéens, y compris le statut menacé des populations de requins de la région et l’impact de la surpêche et de la dégradation de l’habitat.
- Rapport de l’UICN
- Étude sur les frontières des sciences marines
- Smithsonian Ocean, « Mola mola – The Ocean’s Gentle Giant » – explique la grande nageoire dorsale distinctive du poisson-lune et note qu’il est souvent confondu avec un requin lorsque la nageoire s’étend au-dessus de la surface.
- Océan Smithsonian
- IMDb, lieux de tournage de Dirty Rotten Scoundrels – enregistre des lieux de tournage, notamment Antibes, Beaulieu-sur-Mer, Saint-Jean-Cap-Ferrat, Nice et Villefranche-sur-Mer.
- Lieux de tournage IMDb
- The Irish Times, entretien avec Michael Caine (2018) — Caine sur Jaws : The Revenge.
- Musée Océanographique de Monaco — site officiel, comprenant des informations sur les visiteurs et les coordonnées.
- Site officiel du Musée Océanographique de Monaco (https://musee.oceano.org/en?utm_source=chatgpt.com)