S’adressant à Monaco-Matin au terme d’un été marqué par des inquiétudes sécuritaires, avec notamment la tentative d’assassinat du 29 juin et une recrudescence de vols de montres et de bijoux, le Ministre d’Etat monégasque, Christophe Mirmand, a déclaré que le système de vidéosurveillance de la Principauté pourrait être renforcé grâce à de nouvelles technologies capables de repérer les individus considérés comme indésirables ou déplacés sur le territoire monégasque.
Interrogé directement sur la question de savoir si la sécurité à Monaco avait changé suite à la série d’incidents de cet été, Mirmand a souligné la rapidité avec laquelle les responsables ont été identifiés, saluant l’efficacité de la Sûreté publique de Monaco à mener des enquêtes judiciaires rapides. Il a également replacé les incidents dans un contexte plus large, notant que Monaco a enregistré 328 délits de voie publique en 2025, soit moins d’une par jour, et a déclaré que ce chiffre devait être mis en balance avec toute perception d’insécurité parmi les résidents, même si cette perception est prise au sérieux.
Interrogé sur la question de savoir si les récents incidents entraîneraient un renforcement des mesures de sécurité, Mirmand a déclaré que la tentative d’assassinat en particulier avait permis de tirer des conclusions, notamment en ce qui concerne les systèmes de surveillance publique de Monaco. Tout en soulignant que Monaco reste un pays particulièrement sûr grâce à une police efficace dotée de solides moyens techniques, notamment son réseau de vidéosurveillance, il a indiqué que les autorités réfléchissent désormais, comme d’autres pays l’ont fait, à des outils complémentaires qui pourraient rendre ces systèmes plus efficaces.
Interrogé spécifiquement sur la reconnaissance faciale, Mirmand a confirmé qu’un projet de loi avait été déposé pour établir un cadre juridique pour l’utilisation de cette technologie. Il a pris soin d’en clarifier la portée, en soulignant que l’objectif n’était pas de permettre une surveillance généralisée du public et que personne ne devrait avoir le sentiment d’être traqué sans discernement par un tel système. Au lieu de cela, il a déclaré que le cadre juridique permettrait aux autorités d’identifier plus rapidement les individus spécifiques déjà soumis à une perquisition ou à une enquête, un objectif qu’il a directement lié à la géographie compacte de Monaco et à l’objectif plus large de repérer plus rapidement les individus qui présentent un risque ou n’appartiennent pas à la loi.
Interrogé sur les limites de la technologie, d’autant plus que le suspect de l’attentat du 29 juin avait maquillé son apparence, Mirmand a reconnu le défi mais a souligné la rapidité avec laquelle la police judiciaire monégasque, agissant sous l’autorité du procureur général, était encore parvenue à établir l’identité de l’auteur des faits grâce aux outils techniques existants. Il a souligné que même si quelqu’un peut tenter de dissimuler son apparence physique, des comportements peuvent quand même déclencher des signaux d’alarme, permettant à la Sécurité publique d’adopter une approche préventive par le biais de contrôles d’identité.
A la question de savoir si la tentative d’assassinat avait affecté la saison touristique de Monaco ou poussé des résidents à partir, Mirmand a déclaré que le nombre de touristes dans les rues de Monaco ne montrait aucun signe que l’événement avait freiné le nombre de visiteurs, et qu’il n’était au courant d’aucun résident partant par souci de sécurité qui les avait initialement poussés à s’installer en Principauté. Il a toutefois ajouté que le renforcement des moyens, des méthodes et de la vigilance de Monaco restait une priorité constante, afin de se prémunir contre tout événement futur susceptible de menacer la sécurité de la Principauté.