Selon le rapport de Monaco Matinle jour d’ouverture d’un procès très médiatisé pour tentative de meurtre à Monaco a été marqué par des témoignages émouvants et un aveu frappant de l’accusé, qui a déclaré au tribunal qu’il devait « payer » pour ses actes.
Jean-Charles Mulini, un Monégasque de 37 ans, a comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Monaco dans le cadre de la tentative d’assassinat de son ancienne compagne lors d’un violent incident domestique en avril 2022. L’affaire porte sur l’attaque à l’arme blanche de la victime, qui a survécu après avoir subi des dizaines de coups de couteau dans l’appartement du couple, à la Résidence des Mandariniers.
Face au tribunal pour la première fois après plusieurs années d’enquête judiciaire, Mulini a immédiatement reconnu sa responsabilité dans l’attaque. S’adressant à la victime et à sa famille, sans les regarder directement, il a exprimé ses regrets et déclaré qu’il comprenait qu’il devrait faire face aux conséquences de ce qui s’était passé.
La première journée d’audience s’est fortement concentrée sur les antécédents et la personnalité de l’accusé. Les discussions judiciaires ont porté sur son éducation avec des parents adoptifs, ses difficultés signalées à faire face à la séparation et son instabilité émotionnelle de longue date liée à des sentiments d’abandon. L’accusé a admis qu’il avait toujours été aux prises avec des ruptures relationnelles, un sujet qui devrait figurer en bonne place lors des témoignages psychiatriques plus tard au cours du procès.
Les enquêteurs sont revenus sur les événements du 17 avril 2022, à travers les témoignages des policiers impliqués dans la première intervention. Les policiers ont décrit avoir découvert la victime consciente mais gravement affaiblie à l’intérieur de l’appartement, où plusieurs pièces auraient montré des signes d’effusion de sang importante. Les preuves présentées au tribunal suggèrent que les violences pourraient s’être déroulées plusieurs heures avant que les services d’urgence ne soient contactés.
Une déclaration de témoin référencée par les enquêteurs provenait d’un voisin qui aurait entendu des cris et des appels de détresse tôt dans la matinée, mais n’aurait pas immédiatement sonné l’alarme, estimant que les bruits étaient liés à des disputes devenues familières au sein de la relation.
L’arme utilisée lors de l’attaque – décrite devant le tribunal comme un grand couteau familial doté d’une lame de style combat – a ensuite été récupérée lors d’une deuxième perquisition policière dans la propriété. Les procureurs ont également souligné des éléments découverts au cours de l’enquête sur l’activité téléphonique de l’accusé, notamment des recherches sur Internet et des messages envoyés depuis le téléphone de la victime dans les heures précédant l’attaque.
Un point majeur du débat tout au long des débats reste la question de l’intention. Alors que Mulini avait initialement évoqué un scénario supposé de « suicide collectif » au cours de l’enquête, les procureurs ont continué à examiner si des éléments de préméditation pouvaient avoir existé avant l’agression.
L’audience a également été marquée par les témoignages de plusieurs proches et amis proches de l’accusé, qui ont dressé le portrait d’un homme autrefois calme et dévoué dont le comportement avait choqué son entourage. Ses parents, sa sœur et ses amis de longue date l’ont décrit à plusieurs reprises comme un homme attentionné et non violent, ayant du mal à concilier les accusations avec la personne qu’ils pensaient connaître.
Pourtant, un membre de la famille a offert une perspective nettement plus troublante. Sa sœur a déclaré au tribunal qu’elle craignait depuis longtemps que la relation ne se termine mal et a admis qu’elle n’était pas entièrement surprise par la tragédie lorsqu’elle s’est produite.
À plusieurs moments de l’audience, l’accusé est apparu visiblement ému, notamment lors des témoignages de sa famille. Il a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu’il méritait d’être puni pour ses actes et a reconnu l’impact durable que cette affaire aurait sur les deux familles impliquées.
Le procès se poursuit à Monaco et la victime devrait témoigner lors de la prochaine étape de la procédure.