Une douzaine de jeunes en rémission d’un cancer ont rejoint la Principauté vendredi 10 avril à bord du Sir Ernst, après avoir partagé la vie en mer pendant plusieurs jours dans le cadre d’un voyage organisé en partenariat avec l’association À chacun son cap.
Lorsque Sir Ernst a jeté l’ancre au port de plaisance du Yacht Club de Monaco vendredi matin, cela a marqué la fin d’une traversée qui n’avait rien d’ordinaire. Mené par François Miribel et Fabrice Papazian, membres du Club, le voyage avait débuté à Saint-Tropez et sillonnait la côte azuréenne pendant plusieurs jours, emportant à son bord un groupe de jeunes chacun confrontés à une grave maladie. Pour certains, c’était leur première sortie en mer. Pour d’autres, c’est la première fois depuis longtemps de vivre une expérience libérée des contraintes médicales.
L’initiative a été rendue possible grâce au soutien du Yacht Club de Monaco, qui a mis à disposition pour l’occasion quatre bateaux de ses membres, et de l’association À chacun son cap, dont la mission est d’offrir aux jeunes en rémission des expériences enrichissantes en dehors du monde médical. La traversée n’a pas été conçue comme une thérapie, ni comme un événement. Il s’agissait simplement de quelques jours de navigation, partagés avec des gens qui avaient besoin d’être ailleurs que là où ils étaient.
Portée par une légère brise d’Est, la flotte a quitté le golfe de Saint-Tropez et a longé la côte en s’arrêtant à Fréjus avant de poursuivre sa route en passant par le massif de l’Esterel, les îles de Lérins, Antibes et Sainte-Marguerite, avec une dernière escale à Beaulieu-sur-Mer avant Monaco. Le paysage changeait quotidiennement. Les gens à bord aussi. Dès les premiers gestes hésitants sur le pont à Saint-Tropez, quelque chose a vite changé. Pilotage, hissage, lecture du vent : rien n’était imposé, et chacun trouvait son rythme. Petit à petit, les jeunes participants ont gagné en confiance, ont assumé des rôles et sont devenus partie intégrante de l’équipage plutôt que passagers.
Entre les navigations, il y a eu d’autres moments, ceux qui ont tendance à ne pas figurer dans les récits officiels. Déjeuners préparés ensemble. Une baignade impromptue au mouillage. Des soirées qui s’allongent dans un cockpit trop petit pour tout le monde. Des conversations qui se sont déroulées sans être planifiées et des silences confortables comme le fait de passer du temps réel avec les gens. La navigation structure la journée, mais elle crée aussi les conditions pour quelque chose de moins structuré, et c’était peut-être là le but.
L’arrivée à Monaco vendredi a été marquée par un accueil chaleureux au Yacht Club de Monaco. Mais comme ceux qui ont fait la traversée en conviendront probablement, ce qui reste en vous n’est pas l’arrivée. C’est tout ce qui s’est passé en chemin. A travers son soutien à Sir Ernst et son partenariat avec À chacun son cap, le Yacht Club de Monaco s’engage concrètement au-delà de la compétition en offrant à un groupe de jeunes quelques jours où la mer et rien d’autre prend le dessus.