La question de savoir si les moins de 15 ans devraient être exclus des médias sociaux passe rapidement du débat à la politique dans plusieurs pays, et elle est désormais fermement à l’ordre du jour à Monaco…
Cette semaine, l’Assemblée nationale française a adopté un projet de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans, relançant ainsi le débat sur l’impact des plateformes numériques sur la santé mentale, le développement et la sécurité des jeunes.
La France n’est pas seule. L’Australie a déjà franchi une étape décisive en annonçant l’interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans, l’une des positions les plus strictes adoptées au monde. Au Royaume-Uni, la question prend également de l’ampleur politique, les ministres envisageant ouvertement des restrictions d’âge plus strictes et une réglementation renforcée des plateformes, notamment en ce qui concerne les algorithmes et les fonctionnalités de conception addictives destinées aux mineurs.
A Monaco, les organisations travaillant dans le domaine de la protection de l’enfance suivent de près ces évolutions. Action Innocence, qui a passé deux décennies à sensibiliser aux risques en ligne, a largement accueilli le vote français comme un signal positif, tout en avertissant que les limites d’âge à elles seules ne peuvent pas résoudre la racine du problème. Selon l’association, les plateformes de réseaux sociaux exposent les enfants à la cyberintimidation, à l’anxiété, aux troubles de l’alimentation, aux troubles du sommeil et à des comportements addictifs, en grande partie motivés par des algorithmes de recommandation conçus pour maximiser le temps passé devant un écran.
Le débat soulève également des questions plus larges sur la responsabilité. Même si la législation peut fixer des limites, les parents restent en première ligne, ayant souvent du mal à concilier accès numérique et protection. Les militants soutiennent que des progrès significatifs nécessiteront non seulement des restrictions d’âge, mais également une réglementation plus stricte des algorithmes, une responsabilité plus claire des plateformes et une meilleure éducation numérique pour les familles.
Alors que les pays expérimentent différentes approches, Monaco est désormais confronté à sa propre réflexion : doit-il suivre la voie d’interdictions pures et simples, de contrôles plus stricts ou d’un modèle réglementaire pionnier qui s’attaque à l’écosystème numérique lui-même plutôt qu’à ses seuls utilisateurs les plus jeunes.