Monaco est aujourd'hui parmi les plus grands palmarès du championnat de France. Il est difficile de résumer en quelques lignes plusieurs décennies d'un tel passé. Cet historique vise à rappeler aux supporters, et passionnés de football, les exploits du club de la principauté monégasque.
C'est en 1924 que le club de football de l'Association Sportive de Monaco voit le jour, grâce à la volonté de plusieurs sociétés locales sportives. Après le réaménagement des compétitions causé par la Seconde Guerre mondiale, en 1948, pour la première fois en principauté, une équipe dépasse le statut d'amateur et devient professionnelle. L'Association Sportive de Monaco accède pour la première fois à l'élite du football français au terme de la saison 1952/53. Quelques années plus tard, l'ASM ouvrait enfin son palmarès en accrochant la première Coupe de France de son histoire face à Saint-Etienne sur le score sans appel de 4 à 2.
Mais Monaco ne comptait pas se satisfaire d'un tel trophée. Il s'agissait seulement des débuts d'une grande aventure qui commençait, avec de grands joueurs français, tels Michel Hidalgo, ou encore le fidèle parmi les fidèles, Henri Biancheri. Ce n'est pas par hasard que l'année suivante, le club de la principauté remportait le championnat de la saison 1960/61. Au passage, le club accrochait à son palmarès la coupe Charles Drago durant la même année.
A peine remis de ses premiers exploits, l'ASM enregistrait alors son premier doublé lors de la saison 1962/63 : la Coupe de France était acquise face aux Lyonnais, alors que Monaco terminait 1er du championnat! L'épopée monégasque était alors belle et bien lancée.
Malheureusement, l'ASM n'a pas confirmé durant les années qui suivirent malgré la seconde place au championnat acquise en 1964. Le club a donc vécu une période de vache maigre de 1964 à 1977, entrecoupée par des descentes en D2 lors des saisons 1968/69 et 1971/72. Monaco fait l'ascenseur entre les deux divisions mais c'est en 1978 que le club réalise une de ses plus belles prouesses : remporter le championnat de D1 l'année suivant sa promotion !
La formation monégasque d'alors est constituée de joueurs tels Courbis, Onnis ou encore le gardien Ettori. Même si l'équipe ne brille pas en coupe d'Europe des clubs champions l'année suivante, Monaco termine à la quatrième place les 3 années suivantes (1979, 1980 et 1981). Cette équipe fait preuve d'une constance remarquable qui lui permet de remporter pour la troisième fois de son histoire la Coupe de France en 1980 face à Orléans sur le score de 3 à 1. L'équipe, renforcée par Puel ou encore Amoros se classe 2ème du championnat en 1984. Cette année-là le club arrive encore une fois en finale de la Coupe de France 1983/84 mais s'incline face à Metz (2-0). Monaco se consolera l'année suivante en battant le PSG devant son public sur le score de 1 à 0 grâce à un but de Genghini pour remporter sa 4ème Coupe de France de son histoire. Le championnat se termine quant à lui avec une 3ème place honorable.
Ces années permettent donc à l'ASM de fréquenter les coupes d'Europe de plus en plus souvent et le Stade Louis II commence à s'habituer au parfum des soirées européennes. Ce stade, situé dans le quartier de Fontvielle à Monaco, porte le nom du grand père de SAS le prince Rainier III, qui était un passionné de football. Dans les années 30, il décide d'ériger un stade à Monaco et il l'inaugure en 1939. Ce stade atteint difficilement les 7000 spectateurs. Mais l'ASM fréquentant de plus en plus les coupes d'Europe, le prince fit développer un stade plus moderne. Les travaux commencèrent dans les années 1980 et le complexe fut inauguré en 1985. Le stade, Louis II atteint aujourd'hui les 20000 places mais il est réduit à 16500 pour être en accord avec l'UEFA. Les installations pluridisciplinaires permettent la pratique de nombreux sports et la piste d'athlétisme qui entoure le terrain accueille un meeting d'envergure chaque année.
Malheureusement, le climat de la côte d'Azur ne permet pas la présence d'une pelouse digne de ce nom. C'est pourquoi en cette pelouse a été refaite après la saison 1999/2000 selon un procédé précurseur en France mélangeant gazon naturel et gazon synthétique. Ceci permet d'améliorer un peu la qualité du terrain du Louis II en hiver. L'inauguration du nouveau stade en 1985 ouvrait alors une nouvelle ère, une ère moderne dont les plus anciens passionnés de l'ASM se souviennent encore sans aucun doute.
La saison 84/85 permet à l'ASM de remporter face au PSG la coupe de France et s'octroyer une honorable troisième place en championnat. La coupe des Alpes vient couronner cette saison-là. Alors les objectifs du club sont clairs : instaurer une stratégie à moyen terme afin d'optimiser la régularité du club et en ayant toujours en point de mire un parcours en coupe d'Europe. Le président s'en donne les moyens, il fait venir comme entraîneur au début de la saison 87/88 Arsène Wenger. Dès la fin de sa première année, Mister Arsène accompagne son équipe au titre de champion de France et lui ouvre les portes de la Coupe d'Europe des clubs champions. Ainsi, pour la première fois de son histoire, l'ASM ira en quarts de finale. Valeureux mais battu par les turcs du Galatasaray.
En 1989, Monaco s'incline devant l'OM en finale de la Coupe de France 4 buts à 3. Un an plus tard, le club dispute sa première demi-finale de la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe mais s'incline devant les italiens de la Sampdoria de Gênes de Gianliuca Vialli. En 1991, la finale de la Coupe de France oppose de nouveau Marseille (champion de France) à l'AS Monaco (son dauphin). Cette année-là, l'équipe d'Arsène Wenger emmené par Jean Luc Ettori, figure emblématique du club, avait également dans ses rangs entre autres, Dib, Puel, Sonor, Passi, Mendy, Ramondiaz, et un certain George Weah. Cette équipe là ramènera le trophée en Principauté.
L'année 91/92 est marquée par les événements tragiques survenus au Stade de Furiani entre Bastia et l'OM. Monaco étant seul qualifié pour la finale, le club est désigné par la FFF pour disputer la Coupe d' Europe des vainqueurs de Coupe. Au cours de celle-ci, l'AS Monaco élimine tour à tour les clubs de Swansea, Norkopping, l'AS Roma, et le Feyenoord de Rotterdam en demi-finale. Malheureusement, la finale disputé à l'Estadio de la Luz de Lisbonne contre le Werder de Brême sera perdue. Elle aura été malgré tout la consécration d'une très bonne saison. Cette même année, le comité de gestion de l'ASM sera transformé, dans le respect de la législation monégasque et conformément aux directives de la LNF, pour devenir une entité juridique totalement indépendante, dénommée : Association Sportive de Monaco Football Professionnel.
Au cours de la saison 92/93, l'équipe du capitaine Ettori, terminera troisième d'un championnat de France au classement très serré. Ainsi, qualifié pour la Coupe de l'UEFA, les joueurs monégasques ont atteints les objectifs qui leur étaient assignés. En septembre 1993, la Fédération française de football désigne l'ASM pour remplacer l'OM, suspendu, afin de disputer la Coupe d'Europe des clubs champions. Le club relève le challenge et bat l'AEK Athènes au premier tour, puis le Steaua Bucarest et se qualifie donc pour l'UEFA Champions League. Monaco termine second de son groupe A derrière le FC Barcelone, après avoir battu le Galatasaray par deux fois et le Spartak Moscou. Demi-finaliste contre le Milan AC, les joueurs de Wenger ne réussissent pas à passer l'obstacle de San Siro mais ont tout de même la satisfaction d'avoir atteint ce stade de la compétition et d'être tombés avec les honneurs devant le vainqueur de la coupe. En revanche, en championnat, c'est une saison décevante avec une médiocre neuvième place, sans coupe d'Europe à la clé. Les blessures d'Anderson, nouvel avant-centre brésilien de Monaco, Klismann, Scifo, Viaud, et les absences pour cause de sélection nationale de Victor Ikpeba auront finalement raison de la bonne volonté de l'équipe.
Cela a pour conséquence la démission d'Arsène Wenger, le 17 septembre 1994, après sept saisons passé au club. Son remplacent est Jean Luc Ettori qui recevra le renfort au mois de février suivant, de Gérard Banide, alors directeur du centre de formation. Ce duo décrochera une sixième place en championnat et qualifiera l'équipe pour la Coupe de l'UEFA. L'année suivante annonce l'arrivée de Jean Tigana comme coach de l'équipe fanion. Mais à la suite d'un match perdu 3 à 0 au stade Louis II face à Leeds United, l'entraîneur scelle son entrée en fonction par l'élimination prématurée de l'ASM en C3. Heureusement, l'équipe termine troisième du championnat, qualifiée encore une fois pour la C3. L'avant centre sud-américain, Sonny, finit meilleur buteur.
En 1996, l'équipe a fière allure, avec entre autre Anderson, Collins, Léonard, Benarbia, Ikpeba, Blondeau, Legwinski, Petit, Djetou et Henry. Mais elle débute sa saison modérément : 16 points en 9 matchs. Le déclic viendra du match de Coupe d'Europe face au Borussia Muchengladbach.
L'AS Monaco l'emporte à Cologne 4 à 2. Après un match parfait, la confiance s'installe, et les bonnes performances sur le plan national vont s'enchaîner Avant la trêve hivernale, les rouges et blancs gagnent 9 matchs sur 11. Ils prennent la tête du championnat et ne la quitteront plus jusqu'à la fin de la compétition remportant ainsi le sixième titre de champion de France de première division dans l'histoire du club et se qualifie pour la Ligue des Champions 97/98. Sur le plan international, Monaco réussit la performance d'éliminer le club anglais de Newcastle en quarts de finale de la Coupe d'Europe. Mais elle chute en demi finale face à l'inter Milan.
A l'orée de la saison suivante, l'effectif du club subit un petit chambardement. Pour compenser les départs de Petit, Blondeau, Péterson, Scifo, Grassi, Grimandi, Anderson, et Dos Santos, huit nouveaux joueurs arrivent : Konjic, Spéhar, Da Costa, N'Doram, Lefèvre, Carnot, Pignol et Diawara. Étant présent sur tous les fronts, le groupe professionnel doit s'adapter à de nouvelles conditions qui monopolisent toutes les énergies. Côté C1, l'ASM termine première de son groupe puis élimine Manchester United en quart de finale, mais doit s'incliner le tour suivant contre la Vieille Dame, la Juventus. Sur le plan national, les résultats sont mitigés. Élimination en 1/4 de finale de la Coupe de France (0/1), et une troisième place du championnat qui ouvre une qualification en Coupe de l'UEFA.
La saison 98/99 est marquée encore par quelques changements dans l'effectif. Collins, Benarbia, D'Iméco et Carnot sur le départ; côté arrivées, Lamouchi et Gava se joignent au groupe. Malgré trois champions du monde dans ses rangs (Barthez, Henry et Trézéguet), éprouvés physiquement et mentalement, l'équipe ne peut tenir le haut du classement. Si bien qu'à la trêve hivernale, les asémistes comptent 15 points de retard sur le leader marseillais. Le mercato de décembre enregistre le départ de Titi Henry pour la Juve, celui de Konjic à Coventry et l'arrivée d’Eloi, en provenance de Lens. Jean Tigana décide de quitter le club, et est remplacé par Puel au poste d'entraîneur. Il relève le challenge, termine quatrième du championnat, et qualifie l'ASM en UEFA.
1999 s'annonce être une très grande saison, car avec les signatures de Marco Simone et Marcelo Gallardo, Monaco enrichie considérablement son effectif. Afin de renforcer sa ligne défensive, le club fait venir Contreras et Marquez. Ainsi, le club du Rocher la plus jeune équipe championne de France (23 ans de moyenne d'âge) et participera de nouveau l'an prochain pour la Champions' League, en ouvrant de bien belle façon le nouveau millénaire.
En 2002/2003, un bilan mitigé : au niveau national, finaliste de la Coupe de la Ligue, et au niveau européen, participation au premier tour de C1. En juillet 2001, l'ASM devient l'ASMFC. Elle enregistre le renfort du capitaine champion du monde Didier Deschamps en tant qu'entraîneur ainsi que de nombreux nouveaux joueurs : Rothen, Bernardi, Bierhoff, Cubilier, Domoraud, Jugovic, Nyarko, Pierre-Fanfan, Roma... Première année sous l'ère DD qui s'achève sur une trop modeste quinzième place. Une saison vite à oublier...
La suivante est d'une tout autre facture. Le club de la Principauté accueille Zikos, Evra, Mazhar et les retours de prêt d’El Fakiri, Simone et Squillaci. José Broissart devient le nouveau directeur du centre de formation. Tout le monde est unanime pour souligner la qualité de jeu de l'ASMFC et le palmarès en témoigne : Vice champion de France, vainqueur de la Coupe de la Ligue (sa première de son histoire), meilleur attaque du championnat, meilleur différence de buts, meilleur buteur -Nonda-, meilleur passeur -Rothen-. Le public monégasque est classé troisième au titre de "meilleur public de France". La saison se termine définitivement le 30 juin 2003.
Après vingt huit années passées à la tête du club, le Docteur Campora quitte la Présidence. Il est remplacé par Pierre Svara, membre du conseil d'administration depuis 2003. Une ère nouvelle va donc débuter...
La saison 2003/2004 aura sans doute été une des plus belles de l'histoire du club monégasque. L'ASM dominera le championnat de France pratiquement du début jusqu'à la fin. Mais l'extraordinaire parcours en Ligue des Champions aura laissé des plumes et les asémistes termineront à la place du classement. Le deuxième objectif, qui n'était au début qu'un challenge, aura permis à l'Europe entière d'admirer une équipe exceptionnelle composée de Morientes, Giuly, Evra, Bernardi, Squillaci entre autres, conduit sous les ordres d'un véritable meneur : Didier Deschamps. Après avoir battu la Corogne 8-3, éliminer le Real Madrid ou encore Chelsea, les Rouges & Blancs échoueront malheureusement en finale de la C1 face à Porto 0-3. Mais cette saison fut magique !