Le moins qu’on puisse dire, c’est que le poids de Monaco sur cet euro aura été quasi nul : seulement deux joueurs en contrat avec Monaco ont pris part à l’épreuve. Amer bilan
Ceux qui ont joué
Jerko Leko et Nikola Pokrivac faisaient tous deux partie de la sélection Croate. Hélas ils n’ont pris part ni l’un ni l’autre à la victoire initiale face à l’Autriche. Mais Leko est entré pour les dix dernières minutes de la confrontation dantesque avec l’ogre allemand, avec une victoire surprise à la clé. La Croatie étant déjà qualifiée pour les quart, les deux monégasques ont disputé l’intégralité de la rencontre contre la Pologne, pour un nouveau succès. Mais voilà, l’histoire d’une des équipes les plus séduisante du premier tour se heurte à la réussite insolente des turcs dès les quarts de finale, un match que nos deux monégasques regarderont du banc. Auraient-ils pu changer le cours des choses ?
Citons tout de même, presque en hommage, l’activité d’un joueur qui n’est plus monégasque, ne l’a pas été suffisamment longtemps mais a détonné par un état d’esprit irréprochable au plus fort de la tourmente. J’ai nommé Jan Koller, le tchèque. Exilé sous d’autres cieux en janvier, le géant a tout fait pour peser au sein d’une équipe séduisante et qui faisait partie des plus sérieux outsider. Pourtant, après une entrée en matière bien négociée face au pays organisateur, la Suisse, match auquel Koller a participé pendant une petite heure, la sélection tchèque s’est effondrée. Incapable de rivaliser avec le Portugal lors du second match, où un autre ancien monégasque, Jaroslav Plasil, a fait étalage de son impuissance malgré une prestation correcte, elle a sombré dans les ultimes secondes face aux… turcs alors que Koller et Plasil avaient donné deux buts d’avance à 15 minutes du coup de sifflet final ! Cruelle réalité que celle des compétitions de haut niveau.
Ceux qui l’ont regardé devant la télévision et auraient (peut-être) pu espérer autre chose
Flavio Roma a connu sa première sélection sous les couleurs italiennes en 2005, mais une blessure en août de la même année brise l’élan de celui qui était un prétendant sérieux à la Coupe du Monde 2006 en tant que troisième gardien (d’autant plus rageant pour lui que les transalpins y ont connu le succès que l’on sait). Depuis il est peu à peu revenu à un niveau correct, mais à 34 ans les portes de la sélection semblent définitivement fermées pour lui.
Du côté des bleus, le constat est amer : Sylvain Monsoreau était le seul à faire partie de la présélection de 55 joueurs communiquées par Domenech, et ses chances d’intégrer la liste finale étaient pour ainsi dire nulles. Camel Meriem, malgré une saison correcte, n’est définitivement plus la « futur superstar » de l’équipe de France. Quant à Jérémy Ménez, il a raté le bon wagon ; mais pour lui rien n’est perdu : s’il met en valeur son incroyable potentiel et qu’il mûrit son jeu lors des 2 prochaines saisons, les portes de la Coupe du Monde 2010 pourraient bien s’ouvrir petit à petit. Reste à savoir sous quel maillot s’opérera la mutation, sachant que le joueur estime qu’il sera davantage mis en lumière sous le maillot stéphanois… Affaire à suivre.
Il n’est nul besoin de pousser plus avant l’analyse pour remarquer que l’ASM, conformément à ses performances actuelles, n’est plus le vivier de talent qu’elle était il y a encore peu. En espérant que la tendance s’inverse d’ici la Coupe du Monde 2010.