Où va l’ASM ? Noyés dans l'actualité trépidante de la L1, prenons un peu le temps d'interroger l'avenir avec un grand A.
Que peut espérer le club ? Il ne s’agit pas là de se projeter sur le classement en fin de saison du club à la diagonale - en l’état ça tiendrait de la gageure car le club, entre performances inconstantes, réussite insolente, gros passages à vides et coups de génies individuels, déconcerte tous les observateurs du foot - mais bien de nous interroger sur les saisons qui suivront.
Sachant qu’il a fallu trois-quatre ans pour passer de l’avènement de la flamboyante équipe des Gallardo-Trezeguet-Simone à l’équipe étincelante des Giuly-Rothen-Nonda, qui sait si la roue ne va pas finalement faire tirer prochainement le bon numéro aux monégasques ? Certes la statistique n’a rien de très officielle, mais les signaux positifs existent. Car à bien des égards, c’est aujourd’hui que l’avenir se joue.
Que dire de la répartition des droits télé, sorte d’interminable psychodrame, guerre des nerfs entre Canal Plus et la Ligue, et qui s’est achevée par une légère hausse du magot à répartir ? Faisons fi des propos de Aulas qui souhaite se tailler la part du Lyon : Monaco a tout à y gagner. Une étude de la Ligue publiée aujourd’hui confirme la très bonne santé financière de la Ligue 1 (seul le PSG est dans le rouge): alors certes elle est décriée, en grande partie à raison, mais elle est aussi absolument saine. Considérant que le premier appel d’offre au résultat historique, il y a trois ans, où la barre des 650 millions avait été atteinte, a visiblement profité aux clubs pour s’assainir et améliorer les infrastructures, le nouveau butin pourrait être celui d’un bond en avant après cette remise à plat nécessaire.
L’argent est le nerf de la guerre, c’est à la fois vrai et faux. Les noms ne font pas tout (et le Rocher en est malheureusement régulièrement l’exemple criant). Car selon moi, le plus gros motif d’espoir pour le club de notre cœur, c’est bien la génération dorée qui est en train d’éclore sous nos yeux, masquée quelque peu par le brouhaha d’un parcours chaotique. Gakpé, Bakar, Muratori, Sambou… chacun à leur tour ils se sont déjà retrouvé sous le feu éphémère des projecteurs, pour leur talent brut, pour leurs réalisations opportunistes, pour leur éclosion surprise en équipe première : et tandis que les regards se sont finalement braqué ailleurs, eux continuent de grandir, à leur rythme, et dans deux ans ils seront mûrs. S’ils sont, à ce moment-là, tous resté sur le Rocher, alors de bonnes choses seront en route, c’est une certitude.
Mais les garder, on le sait, relèvera peut-être bientôt de la gageure : les gros clubs européens sont prompts à faire les yeux doux aux jeunes âmes, pour peu qu’elles aient fait ne serait-ce qu’un match remarquable. C’est là qu’entre en scène l’argent de la télé, et surtout sa bonne utilisation : il faut garder ses pépites sur le Rocher, nous en avons les moyens (quitte à cesser de faire venir des stars en toute fin de carrière, avec souvent un succès plus que mitigé), il nous suffit d’en avoir la volonté.
Avec ou sans Pastor (qui a dit « sans de préférence » ?), avec ou sans Ricardo (critiquable à bien des égards mais dont les propos, concernant notamment le jeu pratiqué par son équipe, sont globalement lucides, ce qui est de bon augure), Monaco est à n’en pas douter un club à suivre de très près dans les deux prochaines années. Il y a un envol à prendre, il s’agira de ne pas le manquer. Comme souvent nos plus grandes richesses sont à l’intérieur : il sera temps bientôt de les exposer, avec fracas, à la face du football. Et revenir bruyamment à la place qui doit être nôtre : en haut, tout en haut de l’affiche.