Le duel impitoyable entre deux équipes qui ont tout à prouver et pour qui la Coupe de la Ligue reste une des dernières opportunités de rendre le quotidien moins morose a livré son cruel verdict.
LES FAITS DU MATCH
12’ : Première alerte sur la cage de Roma : Boukari tente sa chance, puis Aruna récupère la balle contrée mais manque son tir en pivot ;
15’ : OUVERTURE DU SCORE LENSOISE. Sanction logique de l’apathie défensive monégasque : Boukari, pas attaqué à l’entrée de la surface, ajuste tranquillement Roma d’une frappe croisée ;
27’ : Très belle frappe à ras de terre de Ménez mais Le Crom se couche bien ;
34’ : Superbe chevauchée de Leko interrompue illégalement. Cela donne un très bon coup franc plein axe à 20 mètres qui ne donne rien ;
36’ : Frappe de demi volée superbe de Aruna que Roma capte bien sur sa gauche ;
39’ : Coulibaly manque de tromper son propre gardien de la tête ! Le ballon s’écrase sur le montant. Sur le corner qui suit, la tête décroisée de Monsoreau passe à quelques centimètres du but ;
42’ : Encore une fois personne n’attaque Dindane à l’entrée de la surface de réparation ; celui-ci oblige Roma à se coucher d’une très belle frappe fuyante. Sur le corner qui suit Coulibaly reprend de la tête et la balle passe à deux centimètres du montant droit de Roma, complètement battu sur le coup. La correctionnelle n’est pas loin !
La mi-temps intervient sur ce court avantage lensois. Les efforts monégasques pour revenir au score n’ayant pas suffi jusque là, il va falloir persévérer et enflammer la seconde période afin de ne pas vivre une nouvelle désillusion.
55’ : Ménez file tout seul au but lorsque l’arbitre siffle un hors jeu imaginaire. Dommage !
58’ : Sur une contre-attaque éclair Ménez prend tout le monde de vitesse avant d’être fauché par Kovacevic qui n’écope que d’un jaune. Rageant !
62’ : Sur un ballon aérien dans la surface de réparation lensoise Gakpé n’a plus qu’à pousser le ballon dans les buts mais Piquionne, qui ne l’a pas vu, lui chipe la balle et la met à côté ! Quelle erreur !
65’ : Sur un corner Piquionne frappe le ballon de la tête au premier poteau, mais Le Crom est sur la trajectoire. Monaco met le feu ;
68’ : EGALISATION !! La réussite cesse enfin de fuir les monégasques : sur une perte de balle de Carrière Koller trouve Piquionne sur la droite de la surface de réparation. La frappe de ce dernier est contrée par Coulibaly mais lobe malgré tout Le Crom. Enfin !
84’ : BUT DE CARRIERE ; Roma détourne une frappe de Monterrubio mais le ballon rebondit sur le montant et revient flirter avec la ligne de but. Carrière n’a plus qu’à le pousser au fond des filets ;
90’ : Fraîchement entré en jeu, Pino s’infiltre dans la surface de réparation lensoise par la droite mais est repris par un geste défensif de grande classe de Coulibaly.
Elimination monégasque au terme d’un match de coupe enlevé et agréable à suivre. La réussite aura sourit aux Lensois, courageux et surtout entrés plus tôt dans le match.
L’ANALYSE
Eternel retard à l’allumage
Au coup d’envoi les deux équipes avaient tout à prouver. Si Ricardo espérait le rachat en alignant son équipe type (à l’exception de Piquionne, sur le banc), Papin modifiait sa composition d’équipe, celle-ci ayant bénéficié d’un jour de récupération en moins.
Indéniablement les lensois attaquent mieux le match et la sanction ne se fait pas attendre. Si quelques bonnes intentions sont perceptibles du côté des joueurs du Rocher, les Sangs & Or sont plus présents et plus incisifs. Dès la quinzième minute, et profitant de l’apathie honteuse de la défense monégasque, Boukari ouvre le score pour les visiteurs. Devant son (maigre) public Monaco s’était à nouveau mis dos au mur.
Quand la machine se met en branle…
Comme à chaque fois en fait les joueurs à la diagonale attendirent d’être menés au score pour enfin réagir. Le dernier quart d’heure de la première mi-temps vit une domination monégasque de plus en plus évidente, sans que la réussite ne vienne récompenser leurs efforts. Heureusement les joueurs ne lâchèrent rien et revinrent sur la pelouse animés d’excellentes intentions.
Appliqués, offensifs, méthodiques, pressants, le début de seconde période met en scène une formation monégasque métamorphosée et séduisante, face à des Lensois qui agonisent à petit feu. Il manque peu de chose en vérité… Un peu de réussite. Le potentiel asémiste crève les yeux, les Lensois sont aux abois, mais le but de l’égalisation se dérobe sans cesse. Piquionne vient prendre place aux côtés de Koller, et l’équipe, archi dominatrice, multiplie les efforts.
La récompense arrivera à la 65ème minute, juste avant que JPP n’aie le temps de cadenasser un peu plus son équipe par l’entrée d’un défenseur supplémentaire. La réussite vient récompenser en toute logique une formation méritoire qui a tenté encore et encore jusqu’à ce que ça rentre, une formation qui montre, enfin, ce que tous les supporters attendent d’elle. Quant à Koller, il est excellent : hyperactif, appliqué, véritable tour de contrôle, il est exemplaire à tout point de vue ! Il faut le voir se battre pour reprendre un ballon qu’un autre a perdu au milieu de terrain à la 75ème minute du match pour comprendre, comme une évidence, que cet état d’esprit qui pourrait mener Monaco vers les sommets, c’est lui qui l’incarne.
… avant de dérailler
Seulement reste encore à faire fructifier cette dynamique ascendante afin de terminer le travail face à des lensois apparemment à bout de force. C’est à ce point du récit que l’histoire bégaiera malheureusement. Les monégasques peinent à enfoncer le clou et vendangent quelques belles opportunités. La partie, authentique match de coupe, devient terriblement indécise, ouverte : le KO est proche d’un côté comme de l’autre tandis que le spectre des prolongations se précise.
Hélas la pièce retombe, cruellement, du mauvais côté. Carrière crucifie les espoirs monégasques au terme d’une partie de billard dans la surface de Flavio Roma qui ne peut rien. Ce terrible coup du sort qui récompense vraiment mal les efforts asémistes et ouvre la porte des quarts à des lensois qui n’ont pas démérité. La dure loi des matchs de coupe s’est abattue comme un couperet sur une équipe monégasque qui, pour une fois, méritait mieux.
La saison sera longue
Pendant encore combien de temps l’équipe à Ricardo se contentera-t-elle d’être une promesse non concrétisée, un éternel rendez-vous avec le succès repoussé aux Calendes grecques ? Pendant encore combien de temps se bornera-t-elle à réagir plutôt qu’à agir, attendant systématiquement d’être mené au score pour lâcher enfin un peu les chevaux ? Aucun observateur du football hexagonal ne nie l’énorme potentiel monégasque, mais au cours d’une saison le retard à l’allumage se paie cash. La bande à Roma vient d’en faire l’amère expérience : engluée dans le ventre mou du championnat, avec seule la perspective de la Coupe de France pour -peut-être- améliorer l’ordinaire.